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  • Marie therese van lunen chenu 31 août 2018 at 17 h 06 min

    Cela ne me suffit pas que Parvis reprenne l’analyse rapide et superficielle du pape pour parler « de la déviance de l’autoritarisme » du cléricalisme! Sa déviance foncière c’est l’entre-soi androcentré qui se nourrit de la mysoginie et de l’exclusion des femmes, c’est cet enfermement qui non seulement se contente de soi mais s’auto-sacralise !
    Nous savons bien que c’est hérité du passé mais cela est en désaccord avec nos valeurs et nos lois aujourd’hui, grave décalage entre la société et l’Eglise qui fait désormais scandale.
    Et ce sexisme qui demeure dénature l’Eglise du Christ, la privant non seulement de tout l’apport des femmes -dignité, capacités, dynamisme -mais en même temps du vis à vis sexué et sexuel de la confrontation, du dialogue qui élit le partenariat entre des femmes et des hommes qui se reconnaissent égaux et membres actifs de l’Eglise comme de la société. Appauvrissement pour l’Eglise toute entière sur toute la chaine de ses relations…outre que cet enfermement dans la satisfaction de soi, cette sacralisation indue du statut clérical, a engendré un sentiment et des pratiques de privilèges et d’immunité ….C’est là unvrai système à analyser démonter, dépasser.
    Nous pensons que le fait de reconnaître- dans les principes et dans les faits- la pleine responsabilité des femmes, à la vie de l’Eglise dans sa mission pastorale, ministérielle et sa gouvernance est devenu indispensable aujourd’hui. Plusieurs créations qui concernent la vie des communautés prouvent que des décisions mûries et des expériences servies par une pédagogie concertée peuvent être comprises et prises, elles renouvelleraient la confiance dans et au-delà de l’Eglise romaine, servant l’espérance oecuménique

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  • Benoît 4 septembre 2018 at 21 h 56 min

    Le cléricalisme est en cause, certes, mais il y a aussi le fait que la sexualité n’est à aucun moment abordé, en lien avec la foi, la vie spirituelle, la vie d’Eglise, la vie tout court.
    C’est le « continent noir » et on doit se débrouiller avec. Pour avoir été novice dans un ordre religieux je peux témoigner que ce « sujet », qui est quand même assez central dans l’existence d’un être humain (à fortiori qui va faire vœu de chasteté dans le célibat) n’est jamais abordé, n’est pas au programme officiel, ça reste une démarche personnelle éventuellement.
    Bien sûr il suffit de toucher la frange de Son vêtement etc. D’ordonner son désir au Sien…
    Mais premièrement pour être guéri de quoi ? Du fait de désirer ?
    Pour les paraphilies on comprend que ça fasse question, et qu’on se réveille enfin, mais pour la question que fais-je de mes pulsions sexuelles, de mes pulsions de vie, de ce désir qui est (en) moi en tant qu’homme ou femme, et me constitue aussi, qui accompagne ?
    Je souhaiterais apporter ma pierre à une église qui soit capable de parler de cul avec la même liberté qu’elle parle de « Dieu », d’une assemblée libre et debout, et humaine, qui ne soit pas divisée entre de lumineuses bondieuseries béates et d’inavouables secrets d’alcôves refoulés dont on ne peut craindre que le retour.
    Parce que c’est au cœur et avec tout ce que « je suis » qu’Il vient me chercher et me transcender.

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  • Lecat-Deschamps 24 septembre 2018 at 16 h 45 min

    Clericalisme et pouvoir
    Il me semble que le cléricalisme dénoncé par François est lié au pouvoir (le « pouvoir sacré  » dit Vatican II) que l’on a attribué à certains hommes (les clercs) au nom de l’Évangile. Et tant qu’on ne remettra pas en cause ce pouvoir, le cléricalisme demeurera.
    La difficulté fondamentale est que ceux qui détiennent ce pouvoir (clerical) sont ceux qui devraient le dénoncer, alors que leur être comme leur existence sont construits dessus. Comment scier la branche sur laquelle on est assis ? (Le drame de François lui-même n’est-il pas que c’est au nom de son pouvoir qu’il dénonce ce pouvoir, …ce qui est encore du cléricalisme).
    En fait c’est vraiment le peuple des baptisés qui, seul, est en droit – et en obligation – de le dénoncer. Mais en a t-il réellement le pouvoir et comment ? …puisque immédiatement les clercs (évêques, prêtres et diacres) en poste risquent de réagir et de crier au délit, à la désobéissance ou au sacrilège, à moins qu’ils ne parlent d’incompétence théologique ou de méconnaissance de l’histoire de l’Eglise…
    Selon moi, on ne peut pas lutter contre le cléricalisme sans contester le sacerdoce ministériel, cette aptitude quasiment divine donnée à quelques hommes de pouvoir parler au nom de Dieu, agir au nom de Dieu, pardonner au nom de Dieu, consacrer au nom de Dieu, condamner au nom de Dieu !…
    Nous sommes tous membres d’un peuple, à égalité de dignité et de responsabilité… Nous pouvons avoir des fonctions différentes mais nous n’avons pas des êtres différents (un être « prêtre » et un être « laïc  » !) : nous sommes tous baptisés dans le même Esprit, et si sacerdoce il y a, il n’y en a qu’un : notre sacerdoce commun.
    Or l’Eglise a créé un sacerdoce ministériel transmis par une ordination qui confère un caractère décrété ineffaçable, comme le baptême :  » tu es prêtre pour l’éternité ». Ceci est pour moi une erreur à la racine, radicale.
    Qu’il y ait besoin de ministres, de gens – hommes et femmes bien sûr- , assumant des fonctions dans le peuple de Dieu, c’est évident, mais ce ne peuvent être que des fonctions temporaires de service, de fonctionnement, sans aucun pouvoir spécifique « sacramentel ».
    Ce pouvoir « sacramentel » donné à des hommes, et seulement à des hommes ! , pour traduire l’action de Dieu est, me semble-t-il, la racine même du cléricalisme : on en fait des êtres humains différents, revêtus de pouvoirs exceptionnels et réservés, et dès lors la dérive n’est pas loin pour que toutes leurs actions ( même non « sacramentelles » ) deviennent auréolées, inattaquables… Tant qu’on ne voudra pas le reconnaître on risque de n’apporter que des remèdes passagers et superficiels.
    Bien sûr, j’en suis certain, bon nombre de prêtres n’ont jamais voulu profiter de ce statut pour dominer, ou abuser des chrétiens jeunes ou moins jeunes, pour gérer les finances qui leur étaient confiées ou pour briguer des postes de puissance ou de domination.
    Il n’en reste pas moins que ce statut de prêtre, à part, allant même jusqu’à être configuré au Christ, avec tous les pouvoirs qui y sont attachés, crée un type de relation de dépendance, de soumission, de la part de ceux qui vivent dans l’environnement ou sous la coupe de ce pouvoir. Il suffit de voir comment, même dans des communautés apparemment « éclairées », le rôle de prêtre reste absolument central et déterminant. « Monsieur le curé a dit… monsieur le curé veut que… monsieur le curé ne pense pas que… qu’en pense monsieur le curé?… »
    Nous n’avons vraiment qu’une chose à faire, en ce temps de tempête pour l’Église, et comme nous y invite François, c’est de lutter de toutes nos forces contre le cléricalisme et pour une vraie responsabilité de tous les chrétiens. « Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme » (Lettre du pape François au peuple de Dieu » 20 août 2018)
    Et permettez-moi de le redire en poussant la logique jusqu’au bout : lutter contre le clericalisme n’est-ce pas avoir l’audace et le courage de dire non à la source même du cléricalisme, le sacerdoce ministériel, quelles que soient toutes les raisons historiques ou théologiques que l’on puisse en donner ?
    Un seul sacerdoce, celui de tout le peuple des baptisés. Rêve ou utopie créatrice ? C’est en tout cas ma conviction profonde et, pour moi, le seul vrai moyen d’échapper au clericalisme qui engendre tant d’abus, non seulement au niveau de la sexualité, qu’au niveau de l’argent et du pouvoir.
    Et si cette intuition s’avérait juste, comment vivre une telle révolution théologique et culturelle sans tout détruire ?
    Comment permettre à chacun, prêtre ou laïc d’aujourd’hui, de se reconstruire avec les autres, en Eglise, dans sa conscience de disciple du Christ appelé à être témoin de Bonne Nouvelle pour notre monde si chahuté et si nouveau ?
    Cherchons et inventons ensemble ! …À l’écoute de l’Esprit bien sûr !
    Jean-Luc Lecat-Deschamps
    29/08/18

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