La Revue Juin 2012 dossier : Les Chrétiens et la Palestine

À l’écoute de l’Évangile, libres et unis dans la diversité des Réseaux du Parvis, nous partageons nos recherches et nos convictions, et nous sommes engagés avec les femmes et les hommes qui travaillent à bâtir un monde plus juste et plus fraternel.

Éditorial P 3

Jean-Marie Kohler

Dossier

Les chrétiens et la Palestine

L’énorme pression du sionisme chrétien – Jean-Marie Kohler  P 4

Théologie palestinienne contemporaine – Gilbert Charbonnier P  6

Un chemin de croix contemporain – Claude Dubois  P  9

Les Palestiniens chrétiens nous interpellent – Jean-Bernard Jolly P 10

Histoire d’un procès fantôme – Yves Moulin P 12

Venez et voyez – Nicole Palfroy  P 14

Voyage sur le chemin d’Abraham – Micheline Banzet P 16

Militants bezonnais – Marie-Christine et Yves Grelet P 19

Retour de voyage – Marie-Anne Jehl  P 19

À la rencontre de Hani Zurob, peintre palestinien –

Françoise Grimanelli et Jean-Pierre Schmitz P 20

Vie des réseaux P 23

Fédération Réseaux du Parvis, ECCO, Évreux 13, Plein Jour, JEC, NSAE, CAR,

Prêtres mariés-Chemins nouveaux, Partenia 77 et GES, DJ, CELEM

Vécu théologique des parvis P 32

Par-delà les frontières – Juan José Tamayo

Méditation P 34

À Gaza, rien ne bouge, rien ne change – Ziad Medhouk

L’événement P 35

Sauvetage de la Grèce ?

Résistance P 36

Femmes d’action – Philippe Lewandowski

D’ici et d’ailleurs

L’hébergement d’urgence, un combat pour la dignité 37

Les déportés du libre-échange  P 38

Avez-vous lu, avez-vous vu ? P 39

La guerre perdue du Vatican – Être chrétien dans la modernité –

Jérôme Régnier (1918-2011) – Un autre Israël est possible

Courrier

Editorial

Les encouragements et la volée de bois vert récoltés pour la « Prière de pardon à Marie» parue dans le n° 53 de Parvis ne sont pas anodins ! De nombreux lecteurs se sont réjouis de trouver la mère de Jésus dégagée de la piété mariale coutumière, nous invitant à la révolution annoncée dans son prophétique Magnificat. Quelques-uns ont par contre été indignés par la critique des dévotions qui ont bercé notre enfance et alimenté la ferveur religieuse de beaucoup d’entre nous. Les uns et les autres ont eu raison de le faire savoir (voir p. 42), et ce d’autant plus que le débat ainsi entamé dépasse le domaine du culte marial et devra être poursuivi. Qu’il soit clair pour tous que nous respectons absolument la prière de chacun et celle des humbles en premier, et que nous ne stigmatisons aucune piété sincère en tant que telle. Mais qu’il soit également clair que notre attachement à l’évangile et aux hommes de notre temps nous gardera fidèles à l’exigence de lucidité qui permet de distinguer l’essentiel de l’accessoire, et de refuser l’instrumentalisation des croyances. Plus que jamais, il faut libérer l’évangile des idéologies et des pratiques qui en occultent la pertinence pour le monde d’aujourd’hui.

Par delà les doctrines et les rites religieux, les enjeux concrets de l’évangile sont la bienveillance entre les hommes, la justice et la paix sur notre planète. C’est de cela que traite le dossier « Les chrétiens et la Palestine » dans ce numéro : des contradictions, enjeux de vie et de mort, qui taraudent nos consciences, déchirent le Moyen-Orient et menacent le monde, et qui nous mobilisent par solidarité avec les victimes d’un conflit dont nous sommes objectivement complices. Nous voulons partager l’espérance et les efforts de nos frères qui oeuvrent pour la réconciliation, se fiant à l’évangile et au fond d’humanité commun à tous les hommes. Après l’horrible folie qui a broyé les Juifs au siècle dernier, lâchement abandonnés à la terreur nazie et à l’antisémitisme ordinaire, ce peuple a le droit d’avoir une patrie et d’y vivre en sécurité. Mais la Shoah n’a pas aboli la justice et les Palestiniens ont le même droit d’être reconnus et respectés comme nation sur une terre qu’ils habitent depuis des siècles, libres sous le soleil qui luit pour eux comme pour les Juifs. Quand donc, délivrés des peurs et du meurtre, les habitants de cette région parviendront-ils à construire ensemble l’avenir auquel ils aspirent ?

L’amour qui transcende le monde, appelé Dieu ou autrement selon les époques et les lieux, est à l’opposé du mensonge, de l’iniquité et de la violence que l’ordre dominant fait régner dans la société et jusque dans les Églises. L’évangile, pour les chrétiens, ne transige pas. Au plan religieux, c’est non à la sacralisation du passé qui, sous couvert de fidélité, englue les croyants dans des doctrines et des rites devenus langues mortes ou dérives sectaires, dans des structures fossiles et des monuments de pierre de plus en plus désertés. Au plan politique, c’est non aux privilèges que s’arrogent les puissants et les États qui colonisent le monde à leur profit. Mué en prédateur par l’ultralibéralisme tout en se prétendant l’héritier de la chrétienté, l’Occident trahit les idéaux qu’il affiche. Mais tous les humains sont égaux en dignité, doivent être aimés pareillement, et il n’existe pas de classe, d’ethnie ou de civilisation élue qui aurait vocation à imposer ses valeurs et ses intérêts aux autres. Dieu et l’homme ne sont pas morts. Avec l’altermondialisme et l’émergence d’un christianisme recentré sur l’évangile, des résistants se lèvent pour oser des chemins d’humanisation inédits, pour combattre avec les armes de la non-violence l’asservissement et l’aliénation d’où qu’ils viennent.

Jean-Marie Kohler

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