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Écrit par Les Réseaux du Parvis
Mardi, 31 Août 2010 18:32

La France et l’immigration.

Le monde entier n’en croit pas ses yeux. La France a trahi l’enfant qu’elle lui a donné : Les Droits humains. C’est ce que proclamaient en septembre les » jeûneurs de l’Assemblée Nationale « * et ceux qui les ont soutenus (certains appartiennent à nos Réseaux) en s’opposant de toute la force de leurs convictions à la législation qui est en train d’être mise en place. Elle était en gestation depuis longtemps, mais la poursuite des Roms, quelle que soit leur nationalité, et la menace devenue très réelle de faire perdre la nationalité française aux  » néo-Français  » ont fait éclater le scandale. Vous savez tout cela.

Nous vous proposons quelques éclats, quelques pistes.

*Alain Bosc, Jean-Pierre Garbisu, François Gaudard, Jean-Baptiste Libouban, Jean-Paul Nunez, Alain Richard, Pierre Rosenzweig, Ana Verissimo, Jean-Claude Vigour.

Appel des jeûneurs (extraits)

Après un examen des dispositions de la loi qui mettent précisément en question les Droits humains, les jeûneurs concluent :

 » Dans un Etat de droit, toute personne, quels que soient son statut, sa condition ou ses origines, doit pouvoir jouir de ses droits fondamentaux, dont celui du droit à la justice, du droit d’être entendu, du droit à une protection. En acceptant peu à peu de considérer les migrants comme des personnes de  » moindre droit « , nous perdons par là même une part de notre propre humanité.

Ce projet de loi (aujourd’hui voté) heurte profondément notre conscience.

(…) Nous disons NON à une politique d’immigration fondée sur la peur et le repli sur soi.

Nous disons OUI à un projet qui affirmerait l’audace républicaine d’une fraternité qui ne tienne compte ni de l’origine, ni de la nationalité, ni de la religion ou de la couleur de la peau.

N’ajoutons pas à la précarité des sans-papiers d’autres humiliations en les criminalisant. « 

Paroles de jeûneurs, chemin faisant…

septième jour de jeûne contre le projet de loi immigration

Fin du septième jour de notre jeûne citoyen. Le moral est bon.

Nous avons été reçus ce mardi 14 septembre à l’Assemblée Nationale par cinq députés de différents partis politiques. Ce sera l’objet principal de la lettre du jour.

Avant cela, nous tenons particulièrement à remercier l’ensemble des personnes qui, jour après jour, viennent nous rendre visite. Dans cette action où nos corps doivent nécessairement ralentir, où nous économisons nos pas, nos déplacements, où nous gravissons avec difficulté les escaliers qui se présentent à nous, la lenteur qui s’installe en nous nous permet de savourer ces moments passés sur la petite place Edouard Herriot avec tous ces inconnus, amis, militants d’associations, sans-papiers, personnalités, médias souvent acquis à notre démarche, qui viennent échanger avec nous. Les discussions sont nourries, enrichies des expériences, engagements, inquiétudes et espoirs aussi de chacun. Cela vaut bien des repas.

A la réunion à l’Assemblée Nationale étaient présents (en plus de représentants des jeûneurs) :

­ députés : Serge Blisko (PS), Patrick Braouezec (ex-PC), Michèle Delaunay (PS), Sandrine Mazetier (PS), Etienne Pinte (UMP) ;

­ personnalités : Jacques Maury (ancien Président de la Fédération Protestante de France), Dominique Noguères (avocate et ancienne vice-présidente de la Ligue des Droits de l’Homme), Laurent Schlumberger (Président de l’Eglise Réformée de France), Jean Alzamora (Gisti).

A noter que seule la Chaîne Parlementaire était présente alors que les médias avaient été invités. Un reportage a été diffusé mardi soir sur LCP et est disponible en ligne.

 Jean-Paul Nunez :  » Nous sommes des jeûneurs, nous ne sommes pas des grévistes de la faim. Nous ne sommes pas dans une action de chantage mais dans une logique d’interpellation des députés, et en particulier ceux de la Commission des Lois. Et au même titre que ce que fait chacun de nous, nous souhaitons que les députés sortent de la logique des partis pour regarder au fond d’eux, comme nous le faisons, pour rechercher le fond d’humanité qui est en eux. Nous croyons aux vertus de l’exemple, on donne de nous-mêmes, et on aimerait que les députés se retournent vers eux-mêmes et prennent conscience individuellement de ce qu’ils vont engendrer en votant cette loi. « 

Pour préciser les termes employés par Jean-Paul, notre choix est l’interpellation des consciences par un jeûne limité dans le temps (dix jours) et non une pression par un jeûne illimité, qui pourrait mettre en danger notre santé physique, et qui est communément appelé une grève de la faim.

Jean-Paul Nunez conclut pour les jeûneurs que les citoyens français ont collectivement le devoir d’empêcher la France de glisser d’un Etat de droit vers un Etat de police.

Nous avons donc rédigé mardi soir une deuxième lettre, plus courte, à l’attention de la commission des lois et l’avons envoyée aussitôt aux députés :

 » Madame, Monsieur le député de la Commission des Lois, Indignés et inquiets du projet de loi sur l’immigration, nous avons rencontré ce mardi 14 septembre à l’Assemblée Nationale des députés de diverses formations politiques, en présence de représentants de mouvements associatifs et religieux.

Ces élus nous encouragent à vous alerter à votre tour. Ce projet de loi est inacceptable. Outre les aggravations de toutes les dispositions restrictives et répressives, il introduit une rupture grave dans l’esprit et la lettre de notre législation.

Parmi toutes ces dispositions qui nous heurtent, l’une nous paraît extrêmement inquiétante : le recul, voire la disparition, du rôle des juges, qui ouvre la porte à un Etat de police. C’est une brèche qui pourrait s’élargir demain à d’autres situations.

Au-delà de votre appartenance à une formation politique, vous êtes des femmes et des hommes dont la responsabilité personnelle est engagée.

Etes-vous prêt accepter une loi qui institutionnaliserait une maltraitance pour les étrangers que vous jugeriez intolérable pour vos proches ou vous-même ?

Nous en appelons à votre courage et à votre conscience. Ne laissez pas dans l’ombre cette part essentielle de vous-même dans laquelle toute personne doit pouvoir se reconnaître.

Avec toute notre considération citoyenne,

Les 9 jeûneurs

de la place Edouard Herriot,

le 14 septembre 2010. « 

(On peut remarquer l’absence totale

de représentants officiels de l’Eglise

catholique.)

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