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Rapport Sauvé, communiqué de Parvis

Suite à la publication du rapport Sauvé, un communiqué de Parvis :

wp-content/uploads/bsk-pdf-manager/2021/10/parvis2021_rapportsauve_communique.pdf




AG St Chamond 26,27,28 novembre 2021 inscription

Chères amies, chers amis,

Voici la feuille d’inscription pour l’Assemblée Générale de la Fédération des Réseaux du Parvis, les 26, 27 et 28 novembre 2021 à Notre Dame de l’Hermitage à St Chamond. Un certain nombre connaissent puisque nous y étions en 2013. Cette feuille est accompagnée d’une fiche donnant toutes les précisions nécessaires pour que vous puissiez vous y inscrire sans difficultés.

Rappelons quelques points :

Avec les connaissances actuelles de la situation, le pass sanitaire sera obligatoire

L’inscription devra être envoyée impérativement au plus tard pour le jeudi 28 octobre. En particulier celles et ceux qui ont la mauvaise habitude d’attendre les calendes grecques avant de s’inscrire, faites le tout de suite. Vous éviterez ainsi de l’oublier ou d’être en retard.

Relayez ces documents au maximum dans vos associations

Bien amicalement

Georges

Fiche d’inscription

wp-content/uploads/bsk-pdf-manager/2021/09/parvis2021_ag_stchamond_inscription.pdf

Compte-rendu du « bureau élargi » – 30 septembre 2021

Reprise du planning de l’A.G.

Vendredi 26

  • Pour ceux qui arrivent avant 17h, possibilité de balade dans la propriété et/ou présentation du lieu par un Père Mariste.
  • 17h-18h30 – documentaire sur des actions permettant à des gens de se relever
  • 19h – repas
  • 20h –    présentation et vote des rapports annexes au rapport d’activité : international, revue, OCL, Evangile et société, finances
  • présentation de chaque association, sur le mode qu’elle aura choisi, en 2 minutes (3 maximum !)

Samedi 27

  • 8h      petit déjeuner
  • 8h45   –  Rapport général d’activité de la Fédération : réalisations et propositions d’orientations

Présentation par le bureau et le groupe « avenir de Parvis », débat, vote

–   Les enjeux de l’AG et du travail des ateliers

  • 10h15 – pause
  • 10h45            – ateliers, 1ère session
  • 12h15       fin des ateliers
  • 12h30     repas
  • A partir de 13h30 – réajustement des ateliers en fonction des premières remontées
  • 14h – table ronde
  • 16h – pause
  • 16h30  – ateliers, 2ème session
  • 18h15 – réunion plénière pour faire un premier bilan des ateliers : thèmes de travail et engagement des associations (jusqu’à 18h45)
  • 19h repas
  • 20h célébration

Dimanche 28

  • 8h petit déjeuner
  • 8h45

– synthèse des  ateliers et des futurs axes de travail

– décisions pour l’année 2021-2022

– élection des membres de l’équipe d’animation

On fera une pause de 10 minutes vers 10h

  • 11h45 – apéritif + réunion rapide de l’équipe de coordination pour la répartition des tâches
  • 12h30 – repas et envoi

Précisions

 

Rapports

Le rapport d’activité et les rapports annexes seront envoyés aux associations fin octobre, afin qu’elles puissent se concerter et déterminer les choix à faire. Le rapport d’activité tracera des pistes d’orientation, mais les orientations définitives seront votées le dimanche matin, en tenant compte du travail accompli en AG.

Plénière du samedi matin

Elle sera animée par des membres du bureau et du groupe « Avenir de Parvis » à partir des documents produits par le groupe, du rapport d’activité. Le rapport d’activité sera présenté et soumis au vote. Pour esquisser des orientations, il tiendra compte des propositions émanant du groupe de travail et pourra ouvrir la réflexion sur l’ouverture à partir de la contribution de Philippe C.

Ateliers

A priori 8 ateliers le matin. Le groupe « avenir » va reprendre le tableau des thèmes revu par Xavier M pour proposer des axes de travail en atelier en regroupant des sous-thèmes. La formulation de ces axes se fera à partir des réponses des associations au CA du 18 septembre.

Le cahier des charges des ateliers sera le suivant (merci Jean-Noël !)

Le but d’un atelier est de définir :

– le contour d’une thématique en lien avec les associations qui s’y inscrivent

– le fonctionnement des échanges entre elles

– les relations existantes ou à établir avec les associations ou organismes en dehors du Parvis

Pour ce faire il faudra identifier une association avec une personne référente chargée :

– d’animer au cours de l’année le travail collectif

– publier les résultats de l’activité et les faire évaluer après une année d’exercice lors de l’AG suivante

Le thème devra être traité en tenant compte de la dimension internationale de nos actions et des possibilités d’ouverture à d’autres groupes ou associations.

Pour l’après-midi, on demandera que des personnes se détachent de leur atelier pour constituer 3 ateliers supplémentaires, plus spécifiquement centrés sur le fonctionnement de la Fédération : animation de la Fédération (le terme « gouvernance » semble gênant) – communication interne et externe – avenir de la revue.

L’inscription dans les ateliers se fera selon les modalités habituelles (panneaux). Il nous faut prendre des contacts pour trouver des animateurs/trices.

Constitution de la future équipe de coordination

On précisera bien qu’on demande aux animateurs de thématiques de s’engager sur un an, jusqu’à la prochaine AG.

Il faut néanmoins une équipe de coordination qui assume les tâches statutaires : présidence, secrétariat, trésorerie.

Dès le début de l’AG, on mettra en place un panneau « candidatures à l’équipe de coordination». Il faut que des personnes s’inscrivent au plus tard au petit déjeuner du dimanche.




Revue N°106 septembre-octobre 2021 : En marche hors les murs, foi en partagee #2

Editorial

Lorsqu’il marchait sur les chemins de Palestine, Jésus était un homme de son temps. Juif il était né, juif il a vécu, juif il est mort. Il n’a fondé ni église, ni religion. Il n’a pas voulu abolir ce qui existait, mais s’est attaché à l’accomplir. Aux personnes qu’il rencontrait, il proposait une vie épanouissante et, depuis des siècles, d’innombrables femmes et hommes de toutes cultures et religions ont entendu Sa parole dans leur langue, sont devenus ses disciples par le baptême et se sont rassemblés dans l’eucharistie communautaire.


Articles du dossier (pour les consulter, il suffit de cliquer sur les liens)         Sommaire du dossier

01 « Sur les marges, nous avons pu inventer » – Entretien avec Christine Fontaine

02 « Les murs qui séparent les hommes ne montent pas jusqu’au ciel » – Georges Heichelbech

03 Et si on gardait des murs ? – Jean-Pierre Schmitz

04 Jésus perce-murailles – Christiane Bascou

05 Célébrer l’eucharistie dans notre salle de séjour ? – Martha et Gert Heizer

06 Saint-Merry hors les murs – Blandine Ayoub, Jean-Philippe Browaeys et Jean-Luc Lecat

07 La Communauté chrétienne dans la cité (CCC) – Philippe Camberlein

08 Un parcours commun « sans chemin » – Jean-François Rolin et Odile Durand

09 « Au nom de tous mes frères » : l’Évangile tel que vécu – Régine et Guy Ringwald

10 Pour une Église en dialogue – Jonas Alsace

11 Ouverture hors les murs – Michel Deheunynck

12 Témoigner de l’Évangile sur les chemins de la vie quotidienne –

      Michel Gigand, Jean-Marie Peynard, Claude Simon

13 Le couple, partenaires aimants, créé à l’image de Dieu – Louise

14 Les murs sont-ils toujours là où nous les voyons ? – Marie-Anne Jehl

l’infolettre

 




A propos du chemin Synodal en Allemagne

Le texte ci-joint n’est qu’un commencement ! Chacun.e de nous, chacun de nos groupes, est appelé à s’en emparer, à le diffuser, à l’enrichir par des mots ou par des actes.

Le chemin se fera en marchant

 

Nous sommes conscients du désastre qui s’étend dans l’Eglise catholique et qui nous concerne tous :

  • Révélations d’abus sexuels, d’emprises spirituelles et psychologiques
  • Violences dans des institutions catholiques provoquant la mort de milliers d’enfants
  • Scandales financiers au Vatican
  • Reprise en main de nombreuses paroisses par des prêtres qui mettent en œuvre une pastorale de restauration identitaire fondée sur une « tradition » sacralisée
  • Persistance et même développement du cléricalisme à tous les échelons de l’institution
  • « Evangélisation » assimilée à l’inculcation du catéchisme et d’une morale source d’exclusions

Nous considérons de notre responsabilité de baptisés de prendre la parole haut et fort, depuis les Parvis où nous nous rassemblons, quelle que soit notre situation par rapport à l’institution catholique.

Nous n’attendons aucun changement significatif tant que le cléricalisme restera le mode de fonctionnement de l’institution catholique. L’expérience des synodes précédents (sur la famille par exemple) nous a montré que la parole des laïcs est « filtrée » par l’institution qui n’en retient que ce qui l’arrange.

Nous sommes convaincus  que l’Evangile n’appartient pas aux clercs mais à tous les baptisés. Nous sommes toutes et tous responsables de le faire vivre dans le monde actuel et nous voulons prendre la parole et agir dans le plein exercice de cette responsabilité. Sans prise en compte réelle et sincère de la parole et du témoignage des laïcs, l’Eglise perdra la confiance des femmes et des hommes d’aujourd’hui.

Nous saluons le courage serein des catholiques allemands, qui s’engagent dans des chemins synodaux et posent des actes significatifs (bénédiction de couples de même genre, prédications assurées par des femmes)  sans demander de permission à la hiérarchie de l’Eglise. Nous leur redisons notre pleine solidarité. Ils vivent la plénitude du message de Jésus, qui a su parler aux gens autour de lui, mais aussi les écouter et se laisser toucher, notamment  par l’audace des actes et des paroles des femmes.

Ici en France, nous expérimentons déjà, dans nos groupes et communautés, des manières de vivre, de nous engager et de célébrer en liberté et dans la confiance mutuelle. Nous sommes prêts à en témoigner, non pour nous donner en exemple, mais pour échanger fraternellement avec tous ceux et celles qui cherchent à construire des communautés ouvertes et accueillantes à tous.

Le défi d’un chemin synodal est surtout la conquête de notre liberté de croyants, en référence à la liberté du Christ Jésus, qui était lui aussi sur les Parvis.

Le mot synode signifie « chemin ensemble ». Redonnons à ce mot de chemin tout son sens dynamique : il s’agit de se mettre en route et d’aller ailleurs, et pour cela il faut d’abord accepter le risque de sortir !

Fédération des Réseaux du Parvis




Compte rendu du CA Parvis 5 juin 2021

Vous pouvez cliquer sur le titre puis cliquer sur le lien pour accéder au compte-rendu du Conseil d’Administration de la Fédération des Réseaux du Parvis. Il a eu lieu le Samedi 5 juin 2021 par zoom, compte tenu de la situation sanitaire actuelle.

Bonne lecture.

wp-content/uploads/bsk-pdf-manager/2021/06/parvis2021_ca5juin_compterendu.pdf

Contribution du groupe Avenir de Parvis :

wp-content/uploads/bsk-pdf-manager/2021/07/parvis2021_avenirde-parvis.pdf




Revue N°104-105 : la vérité toujours en construction ? (été 2021)

Editorial :

Un jour nous avons répondu à un appel, un appel à suivre quelqu’un qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Et nous nous sommes mis en route, en quête de la vérité, lumière pour notre vie. Arrivés (presque) au terme de notre existence, nous pensons que, comme Paul, nous avons cherché la vérité en « combattant le bon combat ». Avec une certaine amertume nous constatons que la terre n’est pas pour autant devenue le paradis auquel nous rêvions. Les jeunes générations poursuivent leur propre chemin, hésitant à mettre leurs pas dans les nôtres. Notre quête de la vérité serait-elle un échec ?     Lire la suite

Articles du dossier (pour les consulter, il suffit de cliquer sur les liens)         Sommaire du dossier

  4  La Vérité toujours en construction ? – Entretien avec Jane Stranz

  6  La Vérité, c’est quoi au juste ? – Jean-Pierre Schmitz

  7  La majorité peut-elle dire le vrai ? – Guy Ringwald

  8  La Vérité, à construire avec d’autres – Jean-Pierre Schmitz

  9  L’opinion est-elle capable de vérité ? – Georges Heichelbech

10 Enseignement, éducation, endoctrinement … en vérité ! – Françoise Gaudeul

11 La Bible, parole de quelle vérité ? – Georges Heichelbech

12 Construire des contre-vérités : les « fake news » – Régine Ringwald

13 Vérités et religions – Georges Heichelbech

14 « Pour faire société, il faut se mettre d’accord sur l’importance de l’idée de vérité » – Etienne Klein

15 Il n’y a pas de vérité éternelle en histoire – Jean-Paul Blatz

16 Qui suis-je, en vérité ? – Marie-Anne Jehl

17 Du nécessaire esprit critique face aux médias  – Jean-Paul Blatz

19 Quand la vérité est livrée clé en main – Guy Ringwald

20 Plaidoyer pour le mensonge – Christiane Bascou

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En complément de la Revue

B I E N V E I L L A N C E
François Moalic

C O N T E X T E

Ces quelques feuilles sont des réflexions qui prennent leur source dans les échanges de plusieurs années dans le groupe « Evangile et Modernité 49 » lié à la fédération nationale « Le Réseau des Parvis ». Dans les réunions, on partage convictions et interrogations sur le sens de l’existence. Il n’y a pas de dogme. On s’interdit tout jugement sur le point de vue de l’autre. A la lumière de l’expression de chacun, on renforce ou on modifie ses convictions.

Chacun est autonome. Mais, l’être humain ne peut se conforter ou évoluer sans les autres.

Ce groupe est né au moment de la destitution de Mg Gaillot, au constat que l’autorité ecclésiale a choisi l’exclusion au lieu du dialogue et de sa propre mise en question. La situation a peu évolué, depuis ce temps. L’Eglise demande à ses fidèles et au « monde » de se mettre en question, tandis qu’elle tient ferme sur ses dogmes et sa liturgie, établissant, ainsi, un fossé entre son domaine « clérical » et le reste de l’humanité.

A la fin de chacune des lectures, à la messe, on proclame : « Parole de Dieu ! ». Cette proclamation est une invitation à sacraliser le texte et à jeter le soupçon sur tout commentaire non officiel ! Et, on court le risque de s’en tenir à l’interprétation traditionnelle au lieu d’en approfondir sa contextualisation et son actualisation. Les « clercs » auront toujours le dernier mot.

Il importe, pourtant, d’aborder ces textes évangéliques d’une manière renouvelée et de leur donner SENS pour aujourd’hui, avec intelligence et cœur, en faisant appel aux spécialistes en la matière. Il serait mortifère de laisser gourous ou toutes-puissantes hiérarchies confisquer l’interprétation de ces textes vivifiants !

Les quelques pages qui suivent représentent pour moi des clarifications d’étapes sur la route sans fin de la quête de sens. On a toujours besoin d’être en chemin, car, il ne peut y avoir de vérité, si cette dernière perd tout contact avec la vie. Et, la vie n’a de sens qu’à la condition d’être en recherche d’authenticité, de vérité.
Il n’est pas du tout angoissant d’être en chemin. Chaque étape ouvre de nouveaux horizons. La béate satisfaction de se croire arrivé crée l’ennui et engendre aveuglement et surdité.

– MY S T E R I E U S E V I E

Conscient d’être la fois dépendant et autonome, on essaie de trouver un sens à tout ce qui arrive et à ce que l’on entreprend. Pourtant cette vie qui passe en chacun, n’est ni juste, ni toujours bienveillante. Elle semble combler les uns, mais, elle jette aussi dans l’existence, beaucoup d’autres, avec de sérieux handicaps auxquels ils seront confrontés en permanence. La vie ressemble à un torrent qui charrie dans ses eaux, le meilleur et le pire : force aveugle qui dévore les uns au profit des autres qui s’en nourrissent et prospèrent sur leurs dépouilles.

L’histoire de l’évolution se résume en une immense lutte pour exister, où le plus fort l’emporte, la plupart du temps. Pourtant, au sein de la vie qui se développe, sourd une certaine solidarité vis-à-vis de l’espèce. Cette solidarité s’affine avec le temps et l’évolution des espèces. Elle devient protection, attachement, tendresse, affection. Le développement de l’intelligence et des ressources du cœur ouvre à l’altruisme qui peut aller jusqu’au sacrifice de soi au profit de l’autre. Au sein de la nature biologique apparaît une dimension nouvelle créatrice du monde de la culture qui développe des rapports nouveaux entre les derniers venus que sont les hommes.

Des relations de solidarité et d’amour vont tenter de remplacer la loi du plus fort, dans le perpétuel mouvement de la survie. Au même moment naît une exigence nouvelle : refus d’une fatalité aveugle et recherche d’un SENS, à ce qui survient et à ce qu’on entreprend. On cherche, à la fois à comprendre et à conjurer les forces qui nous dépassent. Ainsi naissent des systèmes d’explications religieuses, philosophiques, mythiques, qui donnent un certain visage aux mystères pour mieux les appréhender, sans pour autant les élucider totalement.

Les hommes ont ouvert le monde du « SYMBOLE », de la « CULTURE ». Des sages, des mystiques, des poètes investissent cet espace. Ils donnent ouverture et sens au quotidien qui est rude parfois. On les dits « inspirés » et ils entraînent nombre de leurs contemporains dans le sillage de leurs créations qui donnent cohérence à la société concernée. Ainsi, des religions ont pris forme et se sont imposées de diverses manières, pour essayer de jeter un peu de lumière sur le mystère de la vie. Même, si elles ont disparu ou perdu de leur influence, des traces de leurs démarches demeurent toujours.

Chacun sait qu’il vient à l’existence par filiation. Il peut contribuer à perpétuer cette vie par paternité ou maternité. Mais, chez l’homme, ces deux relations ne sont pas aussi simples. Elles ne sont pas purement biologiques. Elles se font à l’intérieur d’une culture. Et, l’esprit travaille et modifie ces deux relations citées. On est inscrit dans un courant de vie qui s’arrêterait si l’on cessait de recevoir et de donner. Mais puisque l’on est humain, cet échange, pour demeurer fructueux, implique amour et intelligence, c’est-à-dire, participation de l’esprit. Nul n’est jamais le clone de l’autre.
Considérons, d’un peu plus près, ces trois pôles qui dynamisent cette vie.

1.- La FILIATION

L’homme n’est jamais une pure production passive. Des potentialités lui ont été données à sa naissance, puis tout au long de son existence par les personnes fréquentées et par son environnement. Il dépend de lui de faire fructifier ou non ce qu’il reçoit. Mais il y a une manière humaine de recevoir. Ce « paquet d’héritage » que chacun reçoit est un donné inchangeable, riche de dynamisme ou lourd de handicaps. Quel qu’il soit, il dépend de chacun d’en faire un fardeau ou un tremplin. Afin de pouvoir se construire harmonieusement, tout homme se doit de consentir, d’acquiescer à ce qui lui est donné : cela ne veut pas dire, se soumettre passivement à la fatalité. Sa manière de recevoir va conditionner la construction de son avenir. Sa vie n’est pas le fruit d’une pure programmation, elle est filiation. Demeurer en position de réticence ou de révolte, est cause permanente de gaspillage d’énergies, d’aigreurs, de jalousies… La déstructuration de sa personne, la perte de sens, la disparition d’un horizon prometteur, conduisent vers une régression irréversible. Par contre, s’il considère cet héritage comme un don, il découvre en ses potentialités, une vocation. Toutes ses actions deviennent occasions d’épanouissement et de structuration de sa personne ainsi que de prise en considération des autres et de son environnement. Car, toute sa vie est reconnaissance pour ce qu’il a reçu et ce qui, en lui est handicap peut devenir source d’un « mieux », d’un élargissement de son horizon, d’un surpassement de soi.
Car, être fils ou fille, ne signifie pas « copie », reproduction pure et simple de ce qui a été. La fidélité à cet ensemble de potentialités qui donne à chacun d’exister, exige l’utilisation de ses ressources pour inventer une manière d’être originale qui corresponde davantage à sa personnalité et à son environnement physique et social qui est évolutif.
La filiation assumée consolide la personne enrichit la société. Bien engagée dans le courant de la vie, elle participe avec cette dernière à la dynamique de la création.




Vivre dans une société pluriconvictionnelle: La Revue Parvis N°103 mars-avril 2021

Edito de Jean-Paul Blatz

L’histoire est certainement riche de témoignages individuels de solidarité.

Cependant, du siècle précédent, nos contemporains ont surtout souvenir de déflagrations armées et de génocides pré médités. La violence serait-elle constitutive de la nature humaine au point d’être une fatalité qui diviserait les individus entre bourreaux irresponsables et victimes innocentes ?

Les hommes n’auraient-ils pas prise sur leur propre destin pour faire de leur existence un vivre-ensemble heureux ?

Depuis 1945, les institutions internationales mettent à la disposition des États des chartes et des déclarations permettant l’organisation de sociétés démocratiques. D’incontestables progrès dans le respect des droits humains ont été accomplis dans quantité de pays. Néanmoins, comme les religions qui s’affadissent au contact incessant de la rudesse des relations humaines, les régimes politiques sont victimes d’ambitions disruptives mettant en cause la démocratie représentative. Pourtant elle reste la forme légitime de nos institutions politiques. Dès lors, ne nous appartient-il pas de susciter de nouvelles formes de participation destinées à mieux associer le citoyen à l’élaboration de la décision politique ? Dans ce contexte, la pratique interconvictionnelle a toute sa place.

Depuis plusieurs années, les membres du groupe G3i (Groupe International, Interculturel et Interconvictionnel), qui entretient des liens étroits avec les Réseaux du Parvis, réfléchissent à l’impact des associations humanistes et des religions sur le développement du bien vivre ensemble et contribuent à la cohésion sociale d’une Europe multiculturelle. Ils promeuvent le concept d’interconvictionnalité appelant à faire de la diversité des convictions non un affrontement de «vérités» antagonistes mais une source d’enrichissement individuel et collectif, le fondement même de la démocratie. La pratique de débats permet d’exposer et d’argumenter des convictions différentes, dans un respect mutuel.

Les débats n’ont pas pour objectif de parvenir à un consensus, mais, simplement, de mieux prendre conscience de la complexité des questions évoquées. Essayer de comprendre les convictions d’autrui, c’est aussi refuser de les dévaloriser ou de minimiser leurs différences avec les nôtres. Le dialogue permet également de prendre une distance critique vis-à-vis de soi- même, ou de moduler son propre agir en fonction des souhaits des autres.

Les relations interconvictionnelles ont nécessairement des limites. Considérant que le dialogue est dangereux car il les affaiblirait, certaines personnes le rejettent obstinément. D’autres, inconsciemment, n’en veulent pas sans désirer en connaître les raisons. Des comportements négatifs ne doivent nous détourner ni de l’anthropologie révélée par les sciences humaines, ni de la quête d’une résilience indispensable pour une coexistence pacifiée, quelles que soient la religion ou la philosophie des uns et des autres.

Jean-Paul Blatz

Consulter la Revue Parvis N°103 mars-avril 2021




La Fédération des Réseaux du Parvis apporte son soutien fraternel au centre pastorale Saint-Merry

Nous sommes convaincus que l’arrêt de cette réalité d’Eglise serait une perte immense pour tous ceux et celles qui y sont engagés, mais aussi pour le diocèse de Paris et l’Eglise de France. L’accueil inconditionnel et la coresponsabilité qui s’y vivent sont, pour beaucoup de femmes et d’hommes, des signes de l’Evangile dans la société actuelle. Nous demandons donc instamment à Mgr Aupetit de revenir sur sa décision et d’accepter la demande de dialogue fraternel formulée par l’équipe pastorale. Les difficultés rencontrées peuvent certainement être surmontées par un effort commun. Ce temps de Carême, qui appelle chacune à la conversion, ne doit pas être celui du rejet et de l’exclusion.

Consulter le dossier de témoignages

SOUTIEN AUX MEMBRES DU CENTRE ST MERRY, de la part de la communauté POINT 1 de Rouen.

La situation de crise que vit le centre St Merry nous interpelle tous.
L’une des richesses de nos communautés de base est la mise en pratique de la SYNODALITE que notre Église se doit de promouvoir.
Ainsi, nous savons que dans un dialogue sans cesse renouvelé, nous trouvons le CHEMIN du vivre ensemble dans le respect des DIFFERENCES .

Nous avons besoin les uns des autres pour accomplir la MISSION. Notre communauté en appelle donc au dialogue et manifeste son soutien au centre St Merry. Perdre un lieu d’ouverture, de dialogue entre croyants et incroyants, d’accueil des migrants, de rencontres de communautés peu accueillies dans les paroisses … nous inquiète beaucoup. Qu’en sera-t-il de nos petites communautés de base qui trouvent accueil (ou refuge) au sein de notre Église ?Oui , nous soutenons l’appel au dialogue exprimé par Guy Aurenche.
Nous avons confiance en chacun.

Fraternellement,

Pour la communauté Point 1, l’équipe d’animation.
Référents joignables :
J P Dodelin : jean-paul.dodelin@wanadoo.fr – 02 35 60 96 28
et C Gluck : gluck_eden72@orange.fr – 02 35 74 15 71

Elle vous invite à signer la pétition




Lettre ouverte de Parvis au Pape François « Tous frères et soeurs »…

FEDERATION RESEAUX DU PARVIS

Lettre ouverte au Pape François

Cher Pape François,

Votre lettre d’appel à la fraternité universelle Fratelli Tutti nous a procuré une grande joie.

C’est une parole que nous attendions depuis longtemps, qui peut être entendue par toutes les personnes de bonne volonté et qui stimule notre désir de tracer en toute occasion le sillon de la fraternité.

Merci en particulier de nous rappeler que « la vie, c’est l’art de la rencontre ». Chrétiens du Parvis, nous faisons nôtre votre « rêve d’inter­convictionnalité » indispensable pour construire avec d’autres la culture de l’entraide humaine. Et nous reprenons à notre compte les paroles de Fratelli Tutti que certains d’entre nous ont déjà partagées avec leurs amis musulmans ou athées : « Rêvons en tant qu’une seule et même humanité, comme des voyageurs partageant la même chair humaine, comme des enfants de cette même terre qui nous abrite tous, chacun avec la richesse de sa foi ou de ses convictions, chacun avec sa propre voix, tous frères »… et sœurs !

Dans Fratelli Tutti, votre analyse de la société actuelle ouvre des pistes de réflexion et de vrais chemins pour tous les êtres qui s’efforcent de vivre dans une attitude d’écoute et de respect des autres. Vous­même avez relayé le cri des peuples amérindiens et des pauvres laissés sur le bord de la route par la société mondialisée et le néo­libéralisme. Vous avez plaidé pour la paix, la justice sociale, la reconnaissance des couples de même sexe, la préservation de la planète et des valeurs humanistes. Nous soutenons ces actions ainsi que vos efforts, avec intégrité et humanité, pour assainir notre propre institution catholique et supprimer les blocages qui rendent parfois son message d’amour inaudible.

Car, comme vous le dites, « tout est lié » et l’Église a besoin de revisiter sa tradition et ses dogmes pour notre temps, de s’inscrire sans peur dans le cadre d’États laïques, qui garantissent la liberté de croyance et l’autonomie des décisions politiques. Il lui faut aussi choisir l’écoute (du peuple, des théologiens) et le dialogue (entre clercs et laïcs, hommes et femmes) déjà entamé dans certains pays comme l’Allemagne.

Réseau d’associations de femmes et d’hommes chrétien­ne­s, nous savons et nous comprenons comment l’androcentrisme s’est installé comme modèle structurant autrefois, pourquoi l’Église à sa naissance a copié le fonctionnement monarchique de l’Empire romain. Mais il est temps d’instaurer sur un mode plus démocratique et fraternel les services et responsabilités nécessaires à son fonctionnement et aux liens entre les communautés, sans caste de prêtres mâles sacralisés, isolés et contraints au célibat (avec les dévoiements que l’on sait), dans l’égalité entre les hommes et les femmes (moitié de l’humanité), en fonction des charismes de chacun et sans pouvoir mondain ni surplombant mais simplement au service de ses frères, abandonnant au passage des termes comme « Saint Père », « Monseigneur », « Saint Siège », au profit de « frère Pape », « frère Évêque » etc.

Car le seul sacré selon Jésus, le seul « temple de Dieu », vous le savez bien, est la personne humaine, toute personne, capable d’Amour, dans la Vie toujours offerte sans jugement, condition ni culpabilisation. Que l’Église cesse donc de se tourner vers le passé avec les mots « péché », « contrition », « faute », « soumission », mais se tourne vers l’avenir avec les mots « fraternité », « partage », « enthousiasme », « joie ».

Et la célébration de l’Eucharistie retrouvera son sens originel de partage du pain comme signe de Dieu parmi nous.

C’est tout le sens de la parabole du Samaritain que vous proposez en phase avec notre actualité, celle d’un étranger qui voit par hasard un blessé, nu au bord de la route, s’approche de lui, le ramasse, le met en sécurité, accepte de perdre du temps et d’investir de l’argent pour lui jusqu’à sa guérison. Dans cette histoire, Jésus parie sur le meilleur de l’humain, et encourage à bâtir une société où chacun, même fragile, souffrant ou malmené, sera respecté ou restauré dans sa dignité inaliénable.

À ce propos, plusieurs d’entre nous, travaillant dans des prisons, vous remercient d’avoir cité le cas de personnes démunies, incarcérées de façon « préventive » abusive, partout dans le monde et même en France (entre 1980 et 2020, selon le Ministère de la Justice, le nombre de personnes écrouées a doublé, de 38 913 à 82 860) où le choix du répressif remplace de plus en plus la vraie prévention, celle qui éduque, accompagne et permet de se reconstruire.

Vous insistez aussi sur la nécessité de l’action individuelle et collective pour accueillir dignement les personnes migrantes. Nous y adhérons pleinement mais, comme tous les citoyens de base, nous avons besoin que nos dirigeants portent non seulement des paroles d’espoir chaleureuses mais aussi un vrai témoignage par des actions concrètes, pour nous encourager à faire advenir une société plus juste. C

Nous demandons donc au Vatican de mettre au service de nos frères non seulement des forces spirituelles mais un pourcentage conséquent de ses ressources financières et immobilières pour prioriser l’accueil, le soutien et la dignité des plus démunis, en particulier des migrants de la guerre et de la faim. Nous pourrons alors nous engager avec nos frères en humanité pour que les « derniers » conquièrent ensemble, par leur conscience, leurs mobilisations sociales et une fraternité concrète, la place reconnue par Jésus comme la leur, la première.

Cher Frère François, merci de nous avoir rappelé nos responsabilités et les vôtres pour créer de nouvelles fraternités moins identitaires, plus ouvertes, afin que tous les humains, reconnus comme frères et sœurs, de même dignité et de même fonction, dans la société laïque et dans les religions, non seulement vivent ensemble mais s’épaulent pour que chacun existe pleinement, devenant créateur­créatrice de vie, de partage, de joie.

Nous vous souhaitons longue vie, santé et endurance.

Que la dynamique de l’esprit d’amour vous apporte courage et paix intérieure pour témoigner de la fraternité avec vos collaborateurs et tous les hommes et les femmes de bonne volonté de tous âges. Nous, chrétiens du Parvis, nous engageons à y contribuer, confiants que les jeunes générations inscriront aussi par leur enthousiasme la fraternité dans l’histoire de la Terre, donnant sens et avenir à notre destin commun.

Tous frères et sœurs ! Fratelli e sorelle tutti !

Les Réseaux du Parvis

Lettre envoyée fin janvier par l’intermédiaire du Nonce Apostolique, en copie à la Conférence des Évêques




Compte rendu du CA Parvis 30 janvier 2021

Vous pouvez cliquer ICI pour accéder au compte-rendu du Conseil d’Administration de la Fédération des Réseaux du Parvis. Il a eu lieu le Samedi 30 janvier 2021 par zoom, compte tenu de la situation sanitaire actuelle.

En introduction, Jean-Pierre Macrez a proposé une méditation inspirée de la prière finale de Fratelli que vous pouvez également trouvez annexé au compte rendu.

Bonne lecture.

Compte-rendu du Conseil d’Administration