Economie et écologie PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean-Pierre Schmitz   
Jeudi, 30 Décembre 2010 19:13

Il est très difficile, et sans doute ce le sera de plus en plus de distinguer les frontières entre l’économie et l’écologie. Même difficulté pour distinguer la mondialisation qui est en grande partie économique (pas totalement car il y a aussi la mondialisation culturelle, mais les deux sont liées).

 

L’économie, c’est la création de richesses à partir des moyens des êtres humains et des ressources de la nature. C’est aussi tout ce qui concerne la production, la gestion, la distribution et les échanges de ces richesses.
L’écologie est un peu l’économie de la nature.

La croissance est aujourd’hui fortement remise en cause, notamment à cause des injustices criantes qu’elle entraîne, et même si, dans le passé, elle a pu améliorer les conditions d’existence de catégories défavorisées.
Mais comment garantir que la croissance zéro, voire la décroissance, si cela finit par se produire durablement, ne vont pas se réaliser au détriment des plus pauvres ?
L’économie a pu être érigée en dogme absolu pour les plus favorisés.

Quelques déclarations de chefs d’état :
Bush père : « Notre niveau de vie n’est pas négociable »
Clinton (à Kyoto) ; « Je ne signerai rien qui puisse nuire à notre économie »
Plus récemment, Sarkozy : « Je serai le président du pouvoir d’achat »

Il ne s’agit pas de supprimer la production de biens, les échanges, le commerce etc, ni même de les limiter par un hyper-protectionnisme d’ailleurs impossible à mettre en place, mais de leur trouver une autre finalité, autre chose que la pure consommation consistant le plus souvent à transformer les ressources de la nature en déchets plus ou moins polluants et inutilisables dont les générations suivantes ne sauront que faire.
La croissance économique ne se pose que la question du « comment ». Il faut y ajouter les questions du « pour qui » et « pourquoi ».

A Parvis, on doit s’interroger en priorité sur la place de l’Evangile et de tout de qui fonde notre foi dans tout cela. Bien sûr, on se situe dans une dimension différente et, pas plus qu’il n’y a de politique chrétienne, il n’y a pas de système économique chrétien.
Ce qui ne veut pas dire que le christianisme soit neutre, et on peut se poser un certain nombre de questions.

Les écolos militent pour la conservation de la nature et demandent que chaque génération transmette à la suivante une nature dans l’état où elle-même l’aura reçue.
Est-ce réaliste et est-ce même souhaitable ? Dans la parabole des talents, Jésus nous dit que la véritable mission de l’être humain est de continuer la création à partir d’un donné initial. C’est d’ailleurs tout le sens du mythe de la création « Croissez et multipliez, emplissez la terre et soumettez la …. » dans la Genèse.
Bien sûr, il s’agit de désacraliser la nature par rapport à une époque où le soleil, les astres, les volcans etc… étaient des divinités. Mais n’y a-t-il pas autre chose ?
On nous dit aussi , et sans doute non sans raisons, que nous devons revenir à un système dans lequel chaque groupe humain se remettra à produire l’essentiel de ce dont il aura besoin, donc forcément en changeant ses habitudes de consommation ; on combattra ainsi les effets souvent néfastes de la mondialisation.

Comment concilier cela avec une justice internationale et aussi avec le message d’universel de l’Evangile répété avec ardeur par Paul (« Il n’y a plus ni juif, ni Grec,….. »)

Sortirons-nous de la crise actuelle en relançant la consommation (mais laquelle ?), ou les investissements (mais lesquels ?) ???

Il y aurait beaucoup d’autres questions ; ce serait bien si le site de Parvis pouvait nous faire avancer dans cette réflexion qui ne serait profitable que si elle débouche sur des actions concrètes.

Mise à jour le Dimanche, 29 Avril 2012 17:49