En ce temps d'élections...
Vers une autre forme de vie en société… Le capitalisme et l'économie de marché du fait de leurs principes sont contraires à la justice.On peut avoir une économie où il y a des marchés mais où certains prix sont régulés, où les taux d'intérêts sont contrôlés où l’écart entre les salaires n’est pas exorbitant. Certains PDG gagnent quatre cents fois le salaire d'un ouvrier comme s'ils étaient 400 cents fois plus productifs ou comme s'ils faisaient 400 cents fois plus d'efforts ce qui n'a évidemment aucun sens.Dans de nombreuses entreprises, celui qui apporte le capital, les moyens financiers est à lui seul le propriétaire de l'entreprise, des résultats, des actions collectives, de la richesse collective créée par tous. Il est non seulement à lui seul le propriétaire de ce qui est fait par l'inter-action de tous mais il est seul à avoir le pouvoir total de direction, de gestion, de décision, de délocalisation… seulement parce qu'il détient l'argent il a le pouvoir de décider de l'emploi d'un individu et à travers cela de sa vie et de la vie de sa famille, de ses revenus. C'est une injustice car la richesse créée par tous n'appartient qu'à un seul ou à quelques actionnaires. C'est un système qui par sa conception est contraire à l'idée de justice. Comment prendre en compte la santé, l'éducation, quand les services publics entrent de plus en plus dans la sphère des marchés, de la concurrence avec un seul critère le moindre coût. C’est une marchandisation de toute l'activité humaine avec la diminution importante de l’idée de service collectif. Tout cela crée des inégalités cumulatives. « Il est nécessaire de construire un espace de compromis entre une certaine efficacité économique et d’autre part les protections sociales. L’Etat doit prendre en compte davantage les trajectoires singulières des individus. Tous les citoyens devraient avoir des droits inconditionnels. Il est nécessaire de refonder les protections tant collectives qu’individuelles ». nous dit Robert Castel.« Il suffirait d'une dizaine de lois parlementaires pour réformer les droits des sociétés pour qu'une entreprise soit collectivement animée et dirigée par l'ensemble de ses acteurs, que les résultats soient équitablement partagés entre les acteurs ». nous dit Jacques Généreux.A partir des sciences humaines, sociales… Il est possible de refonder un discours économique, politique qui prenne en compte la réalité des êtres humains.Une affirmation anthropologique très forte de la réalité de l'être humain : un être humain ne peut être lui-même que dans la construction de soi, le don, la relation à autrui.Nous pouvons le vivre - dans le matérialisme agnostique - en référence aux Evangiles.Une communauté humaine n'est pas constituée par un contrat mais par des liens sociaux. Ce qui tient les individus ensemble c'est le sentiment d'appartenance et la pratique concrète de cette appartenance à une même communauté avec des relations d'attachement et des relations d'échange. Une société de progrès humain tend à promouvoir une articulation entre le lien à soi, le lien à autrui, l’interdépendance : être soi et être avec. L’épanouissement de soi et l’attachement à autrui. La liberté, la fraternité, la réduction des inégalités, intégrer les visées écologiques et les données sociales c’est construire une société de progrès humain qui recherche la qualité de la vie des individus et leur épanouissement dans une société solidaire pacifiée par l’égalité, l’intensité et la diversité des liens sociaux. C’est pourquoi il est nécessaire de donner la priorité à l’éducation, la santé, les services collectifs, la distribution équitable des richesses… Une économie humaine respecte les conditions d’une vie humaine pour chacun : l’essor de la coopération, le recul des inégalités, l’amélioration de la cohésion sociale, la préservation de l’écosystème…La mondialisation et l’économie de marché ont intensifié : la concurrence, la compétitivité, la rivalité, le recul de la solidarité, exacerbé les inégalités, accentué le mal-être et la servitude au travail, amplifié la déliaison sociale, l’incivilité, la violence internationale, le saccage de l’écosystème.- Il ne faut pas amplifier le principe de compétition, mais le principe de coopération.- La course aux biens détruit les liens, la déliaison sociale induit la violence. Une société organisée sur le principe de la libre compétition est en elle-même un appel à la violence. La délinquance diminue dans une société solidaire. Nous devons rechercher à s’intégrer dans une « République sociale » chère à Jaurès, un monde où s’enracine le désir de vivre ensemble.Le néolibéralisme répand une culture perverse de la responsabilité individuelle qui vise à présenter les pauvres et les chômeurs comme responsables de leur situation. L’idée que chacun est responsable de son sort sert à convaincre qu’il n’est en rien responsable du sort d’autrui et qu’il n’a pas à payer pour les autres : recul de la solidarité, explosion des inégalités. Tous ces facteurs entraînent la montée de l’incivilité et de la violence.L’économie de marché fait régresser vers une humanité primitive, un système qui traite l’humain comme une chose au service du profit de quelques uns. L’économie humaine est une économie plurielle, démocratique où la concurrence et les inégalités reculent au profit de la coopération et de la justice : sociodiversité et coopération, égalité de pouvoir de droit et de dignité. ___________________________________________________________________________________________________ Haïti : faut-il une catastrophe de cette ampleur pour que la planète redécouvre ce pays oublié.Les images qui nous viennent d'Haïti sont celles de la désolation :Il est question de plus de 250 000 victimes. Des secousses ont encore eu lieu ces jours derniers. Les Morts sont enterrés dans des fosses communes sans pouvoir être identifiés ni comptabilisés, les morgues sont saturées. Souvent, des voisins s'associent pour transporter les corps tandis que les soins apportés à des dizaines de milliers de blessés demeurent encore insuffisants. Improvisation, pillages, effacement du pouvoir haïtien sont les facettes les plus visibles du drame qui s’abat sur le pays.Pourquoi d'autres pays qui ont connu des séismes aussi violents, ont-ils eu moins de morts et moins de dégâts ?Les édifices qui se sont écroulés sur les gens ont été pour la plupart, construits avec des matériaux légers, sans qu'aucunes mesures anti sismiques n'aient été prises. La déforestation qui en Haïti a pris des proportions alarmantes a amplifié les conséquences désastreuses du tremblement de terre par des glissements de terrain. Au cours des multiples crises politiques, sociales et environnementales qui ont frappé le pays depuis des siècles, les Haïtiens ont été contraints d'inventer leur survie au jour le jour.
La découverte de l'île par Christophe Colomb fut le commencement d'une longue série de violences et de souffrances avec les occupations des Espagnols, des Français, des Américains du Nord... ... Les Indiens ayant été exterminés, l'importation massive d'esclaves africains, dura plus de trois siècles pour les besoins en main d'œuvre des colonisateurs. Guerres, exploitation, injustices : les responsabilités historiques de l'Occident, et de la France en particulier, sont immenses.Avec Toussaint Louverture, fondateur de la première République crée par des esclaves noirs, sous la tyrannie de Duvalier et de ses sombres tontons macoutes, avec Aristide et ses rêves brisés, la lutte du peuple haïtien pour son pain quotidien et sa dignité, est la lutte du courage. L'immense pauvreté de la population explique que le tremblement de terre ait eu des conséquences aussi graves.Avant le séisme, l'aide internationale était déjà présente pour assurer le fonctionnement d'une grande partie des écoles et des centres de soins, en nombre cependant très insuffisant. Des ONG étaient déjà là, sur le terrain, pour tenter d'aider et de valoriser les compétences locales. Mais avec la crise économique de 2008, des émeutes de la faim ont éclaté comme en d'autres parties du monde.L'élan de solidarité :Après ce séisme, nous saluons la mobilisation, l'élan de solidarité, destinés à assurer les besoins en eau, en nourriture, en soins et en médicaments de la population. Cette Solidarité qui émerge à tous les niveaux du grand village planétaire : individuels, associatifs et politiques et qui nous fait croire en en notre humanité. Et surtout cette solidarité entre les Haïtiens eux-mêmes. Dans des conditions précaires, sont mis en place des systèmes d’entraide et d'accueil de personnes qui avaient quitté les campagnes ou les villes de moyenne importance pour tenter leur chance à Port-au-Prince et qui reviennent vers ces régions, moins touchées par le seisme.Ce que sera l'avenir d'Haïti, nul ne peut le dire :Pourquoi l'ONU ne reprendrait-elle pas la proposition de Régis Debray : donner à Haïti le statut de « pupille de l'humanité ». Car après l'urgence, et une fois disparues les images « choc » du soufflet médiatique, le pays va s'engager dans la reconstruction de ses familles endeuillées, de ses maisons écroulées, d'une Haïti nouvelle. Pour que les Haïtiens trouvent, encore une fois, la force de repartir, nous ne devrons pas, nous ne devrons plus les oublier. L'aide de la communauté internationale ne devra pas se tarir car le pays a besoin d'un minimum de stabilité économique. Mais sans ingérence d'aucune sorte, les Haïtiens décideront eux-mêmes de leur projet commun et du chemin de leur citoyenneté. Les Réseaux du Parvis Le 24 janvier 2010. |