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Lundi, 19 Mars 2012 17:54

Espérance 54

Vivre l’Évangile dans une optique moderne, humaniste et laïque
Adresse : Cidex 201, 54290 Roville-devant-Bayon

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L’association Espérance 54 est née dans le cadre d’un groupe informel, issu de la réaction de nombreux catholiques du diocèse de Nancy lors de l’éviction par le Vatican de Jacques Gaillot. Ce groupe a créé des groupes de réflexion sur différents thèmes concernant l’avenir de l’Église. En se constituant en association, une partie des chrétiens assemblés dans ces groupes a voulu se donner les moyens de la continuité et de l’échange diversifié grâce à une association 1901 au fonctionnement démocratique.


Aspects de nos orientations :


Penser librement notre foi en Dieu et en l’homme à partir de nos engagements. Lier réflexion et action. Faire coïncider la ligne
collective de notre vie et la ligne collective d’action. Nous libérer des conditionnements « religieux » pour vivre une pensée libre et humaniste dans l’esprit évangélique. Vivre notre action locale dans une vision mondiale
globale.

Trois groupes :


« Théologie pour l’homme d’aujourd’hui » ;

« Les exclus nous interpellent » ;

« Actualité religieuse »

(d’autres groupes peuvent se constituer).


Dans chaque groupe : échange sur notre vécu, individuel et collectif, nos relations avec les exclus, avec d’autres organisations, sur des articles de presse, sur des événements locaux, sur un extrait de l’Évangile ou un témoignage, sur l’actualité, sur la vie de la fédération et de notre association, dans la convivialité.

Partvie (partage de la vie, du pain et du vin) : échange de réflexion spirituelle et célébration animée successivement par les un(e)s ou les autres, suivis d’un repas.


Exemples de quelques thèmes abordés dans les groupes et en A.G.
La vie en prison et après la prison. Problèmes liés à la bioéthiques. Sciences et Foi. Peut-on marier économie et éthique ? La laïcité en Europe. Église, qu’as-tu fait de ton Évangile ? Les femmes dans l’Église catholique.


Rapports chrétiens/musulmans. Alerte des communautés chrétiennes locales sur des problèmes sociaux locaux. Nous partageons certaines actions avec des associations proches sur des objectifs précis (sans papiers, Palestine, libertés publiques, laïcité) : RESF , Amis de la Vie, CCFD , Association France-Palestine, Secours Catholique, Ligue des droits de l’homme, Didelot (aide aux familles de prisonniers), OSEP (OEuvres sociales et entraide protestante)…

Le « vivre ensemble » s’adresse à tous ceux dont les actes convergent pour l’humanisation de l’humanité. Nous cherchons la voie d’une théologie, d’une pensée ou d’une spiritualité humanistes, à partir de nos engagements sociaux, culturels, politiques…

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Espérance 54 Meurthe-&-Moselle         
Écrit par Espérance 54 Meurthe-&-Moselle

A  ESPERANCE 54,  QUI  SOMMES-NOUS ?

Face à notre conscience, à la lumière de l'Evangile, nous nous voulons libres,  égaux dans notre diversité, fraternels dans nos relations.

L’article 2 des statuts précise les principes fondateurs de l'association :

« Promouvoir des espaces de libre parole et de libre action où chacun puisse, dans un esprit de respect réciproque, partager et approfondir sa réflexion sur le sens de sa vie, sa foi en l’homme et en Dieu, à l’écoute et au service des hommes d’aujourd’hui, à la lumière de l’Evangile »

L'association Espérance 54 a un fonctionnement de type réseau, c'est-à-dire que toutes les actions résultent de ses groupes, seuls ou en coordination s'ils le souhaitent. Ces groupes peuvent donc être très divers.

Actuellement trois groupes se réunissent régulièrement:

L’engagement auprès des exclus nous transforme : A la lumière de l’évangile, relecture des engagements sociaux.

Une théologie pour les hommes d’aujourd’hui : pensée chrétienne libre et langage actuel de la Foi.

Actualité religieuse: Réflexion et discernement sur les évènements concernant l'homme et la foi notamment les incidences de ce point de vue des pratiques ecclésiastiques

Deux intergroupes dr retrouvent également

PARTVIE : pour des célébration-partage « domestiques » de la Vie, du Pain et du Vin

Observatoire chrétien de la laïcité : En liaison avec l'intergroupe national

L'association trouve dans sa participation aux RESEAUX DU PARVIS une ouverture, un partage, un engagement social sur des problématiques nouvelles qui enrichissent notre réflexion et nos pratiques et donnent à celles ci une plus vaste dimension. Par le biais de PARVIS elle est aussi en lien avec le réseau européen EGLISE ET LIBERTE qui rassemblent des associations proches de 12 pays européens.

Contacts:

ESPERANCE 54

Cidex 201 54 290  ROVILLE devant  BAYON

?03 83 72 82 58

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GROUPE THEOLOGIE Réunion du 3 février 2009: qu'est ce que l'humanisme chrétien?

A partir du livre de F. Lenoir ( Le Christ philosophe) la réflexion du groupe est lancée en évoquant le rapport de Jésus avec les femmes Ces rapports sont en forte rupture avec les usages et les idées de son temps et de la société où il vit. Ce n'est pas l'expression « philosophique » ou « juridique » de droits mais une pratique qui provoque et invite à changer de modèle d'humanité. Cependant la notion de personne, d'individu libre est aussi née de la philosophie des premiers siècles notamment stoïcienne.. La pensée philosophique dans l'antiquité exige le choix d'un genre de vie. Une sorte de conversion Le christianisme a pu ainsi être considéré comme une forme de choix de sagesse philosophique et non comme une religion.(chez les romains très ritualisée)

Par ailleurs il existe aussi depuis longtemps une pensée religieuse ou philosophique qui soumet entièrement l'individu aux exigences de la famille, de la tribu, de la Cité, sans lesquels il n'a ni valeur ni fonction par lui même..Cette dépendance peut se s'aggraver métaphysiquement par l'idée de la soumission inévitable de l'individu au Destin ou à Dieu, appelé par les stoïciens, puis les chrétiens, Providence. Si bien que la liberté morale consiste en premier lieu à accepter l'inévitable et dans cet inévitable à faire au mieux la tâche que le Destin ou Dieu nous a réservé. D'où ce sens de la vie: être les bons acteurs d'une pièce dont nous n'avons pas choisi le scénario ni le rôle que nous avons à y jouer (la « persona » en latin est le masque que porte l'acteur et qui situe son rôle dans une pièce) Christianisée, cette façon de penser s'impose en Occident lorsque l'Eglise se transforme en Pouvoir de type monarchique, allié des Pouvoirs politiques L'appel à la soumission à la volonté divine -que la hiérarchie prétend connaître et interpréter seule-renforce et sacralise le devoir d'obéissance des individus aux pouvoirs établis..

Inversement dans la société actuelle domine une conception individualiste souvent exacerbée La liberté souveraine de l'individu est encensée pourvu qu'elle se réalise par une réussite éclatante. On prétend que cette réussite est possible pour tous Ceux qui échouent sont donc entièrement et toujours responsables de leur échec. Car notre société célèbre la concurrence et la loi du plus fort. Elle rature les solidarités avec les plus faibles. A la rigueur elle tient la « charité » -l'humanitaire- comme un pansement pour les plaies les plus visibles que la pratique sociale génère inévitablement. Mais fondamentalement il reste qu'il faut être le premier à tout prix, quitte à écraser les autres, il faut réussir, il faut de l'efficacité, être premiers partout et en tout.

Mais alors que peut signifier aujourd'hui l'expression « humanisme chrétien »?

Une première question: peut on penser la personne comme une unité individuelles séparée du monde et des autres, abstraite en quelque sorte de la société et de sa culture? L'humanisme de la personne née de penseurs chrétiens (Mounier) ou de culture chrétienne récuse l'individualisme et ouvre la personne sur l'Autre. Cette ouverture (dite communautaire) s'oppose aux enfermements idéologiques aliénant de l'individu dans des structures sociales économiques et politiques (fascisme, marxisme,libéralisme) Le structuralisme dans les années 1950 à 80, en voulant réagir à juste titre contre l'individualisme « petit bourgeois » de l'existentialisme sartrien, soulignera la soumission de l'individu au formatage des structures sociales. Sans doute a t 'il raison de mettre l'accent sur l'existence de structures et de systèmes dans lesquels se vit la condition humaine. Mais celle ci se définit par l'émergence de la liberté des personnes dans ces systèmes et aussi grâce à leur complexité même.

Une seconde question apparaît alors. Quand on parle d'humanisme de quel homme parle t on?Quel est l'homme de l'humanisme chrétien? C'est dire quel est l'homme que Jésus rencontre? Ce n'est pas un être qui a une définition à réaliser, une Loi à respecter, un Dieu auquel obéir, une solidarité ethnique à honorer, mais un être singulier , une femme ou un homme particulier,qui vit sa vie comme il le peut, parfois mal, et qui est appelé à être reconnu pour accroitre son être dans la liberté et dans la rencontre fraternelle avec l'autre. La femme adultère ou la samaritaine sont beaucoup plus humaines dans les évangiles que les docteurs de la Loi qui respectent les prescriptions du Lévitique.

Enfin l'idée d'une Nature humaine préétablie est combattue aujourd'hui par celle d'évolution. L'homme, individu et humanité, n'est pas fait une fois pour toute. Il est à faire. Il est à SE faire. Il est multi- dimentionnel: corporel, psychique, social, économique, politique, artiste, spirituel...Il ne s 'agit pas de niveaux hiérarchisés mais d'interactions relationnelles qui fonctionnent dans tous les sens. La reconnaissance de la Liberté suppose celles de la diversité et de la multiplicité de l'humanité concrète des personnes. D'où l'importance d'une encyclique comme « Populorum progressio » qui a pris l'homme dans toutes ces dimensions

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Humour théologique

petite leçon d'humilité divine

Il y a quelques temps, me confia l'ange Gabriel, Dieu, le très Haut, béni soit son nom, parcourrait les allées du Jardin céleste dans la brise du soir avec le patriarche Abraham, le Père des croyants. Abraham se lamentait et disait:

« Vois, Adonaï, la terre des hommes remplie de bruit et de fureur, vois les bombes, vois les fusées, vois les couteaux, vois ces femmes, ces hommes, ces enfants fauchés par des guerriers et des terroristes ! A ce spectacle atroce mon cœur saigne et mes larmes débordent. N'y a t il pas de solution à ce carnage perpétuel ? Toi, O mon Seigneur, toi qui sais tout du passé et de l'avenir ne saurais tu me le révéler? Console- je t'en supplie humblement- ton serviteur! »

Le très Haut inclina sa face divine et sembla soudain las et découragé. Lui qui savait tout il devait pourtant la vérité à Abraham notre père.

« Je ne vois pas de solution, gémit l'Eternel, je n'en vois pas... » Puis d'un air accablé il ajouta presque à voix basse: « Du moins pas de mon vivant! »

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ASSEMBLEE GENERALE D'ESPERANCE 54 SAMEDI 13 MARS 2010

dans une  salle de l'Eglise Sainte Anne en Haut de l'avenue de Boufflers à Nancy.

DEUX GRANDES PARTIES
I DE 14 HEURES A 16 HEURES 30 : RENCONTRE OUVERTE A TOUS NOS AMIS SUR LE THEME:
ÉCONOMIE ET ÉTHIQUE.

Pour nous aider à réfléchir et à débattre sur cette question très actuelle deux amis viendront nous aider : monsieur Laurent Walin prof d'économie en prépa. au lycée Poincaré et
monsieur Günter Schumacher, professeur à l’ICN Business School (Nancy/Metz).

INVITEZ TRÈS LARGEMENT AUTOUR DE VOUS TOUTES VOS AMIES ET AMIS JEUNES
ET MOINS JEUNES. FAITES CONNAÃŽTRE CETTE RENCONTRE DANS LES
ASSOCIATIONS ET GROUPES AUXQUELS VOUS PARTICIPEZ PAR AILLEURS.

II DE 16 H 30 à 17 h 30 : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE RÉSERVÉE AUX ADHÉRENTS
d'ESPÉRANCE 54


discussion et vote des rapports d'activité et d'orientation
élection du C.A. (équipe de coordination)
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GROUPE THEO : extraits du compte rendu de la réunion du 6 janvier 2010

Le groupe rappelle sa position concernant la rassemblement de Lyon. Nous l'avons résumé dans le « slogan » : vivre ensemble dans un monde multiple. Il faut donc maintenant que les propositions pour indiquer dans quel sens nous participons à la rencontre soient claires. Ce qui suppose donner un contenu concret à l'expression: un monde multiple .
« Un monde multiple c'est actuellement un monde
d'inégalités géographiques (migrations climatiques, économiques,politiques)
d'inégalités à l'intérieur de chaque sociétés
d'inégalité hommes-femmes
d'inégalité du respect -des droits de l'homme, -des droits de la femmes, -des droits de
l'enfant...etc

De plus, multiples sont les regards qui lisent ce monde... » (reprise de nos échanges de décembre)
Mais il faut que cette ouverture soit bien orientée par des choix clairs et sans ambiguïté pour ne pas sombrer dans des généralités d'un humanisme vague ou d'une religiosité généreuse mais sans engagement.
Le « vivre ensemble » indique que nous souhaitons vivement que la rencontre ne soit pas
« ecclésiocentrée ». Car le vivre ensemble ne s'adresse pas aux seuls chrétiens mais à tous ceux
dont les actes convergent pour l'humanisation de l'humanité.

La notion de théologie de la libération à laquelle il a été fait allusion, notamment à travers la figure exemplaire de Dom Helder Camara a l'inconvénient d'avoir déjà été vécue et élaborée dans les pays d'Amérique latine. Nous sommes ailleurs et en d'autres temps, en Europe.
A n'en faire qu'une référence figée nous risquerions de nous rattacher paresseusement à ce qui a été vécu et pensé par d'autres que nous à partir de leurs engagements de vie, -au lieu de chercher nous mêmes en tant qu'européens la voix d'une théologie, d'une pensée ou d'une spiritualité humaniste, à partir de nos engagements dans les activités sociales, culturelles, politiques...etc

Si temps est venu de vivre ensemble dans un monde multiple, cela implique
a)... penser personnellement la théologie par l'action ( à partir de l'action) faite individuellement
avec les autres. De lier la réflexion à l'action concrète. Autrement dit ce n'est pas une théologie a priori qui nous anime mais les choix humains que nous faisons et nous engagent avec les autres qui permettent à une théologie éventuelle de se construire et de s'exprimer.
b) ... faire coïncider la ligne collective de notre vie et la ligne collective d'action. Le sens de notre
vie est inscrit non dans des idéologies abstraites mais dans le sens qu'il nous faut dégager et
expliciter de nos actions concrètes. D'où la nécessité de réflexion collective sur le sens de ce que
nous faisons et une exigence d'authenticité.
c) ...nous libérer des pesanteurs abusives pour vivre une pensée ( une philosophie) à hauteur
d'homme.

Est aussi soulignée ensuite la nécessité de vivre notre action non dans l'étroitesse d'une vision
restreinte en fonction des hommes les plus proches, des régions où nous sommes, mais dans une vision mondiale globale qui envisage tous les liens humains dans leurs interactions.
Nous avons à préciser le sens du mot « théologie » et ce que la théologie implique par rapport à nos engagements individuels. Ceci très concrètement. De même à faire le lien avec des exemples tirés de nos expériences collectives entre sens de nos actions et sens de notre vie Enfin à définir toujours à partir de ce que nous en avons vécu les « pesanteurs abusives »
D'une façon générale il nous faut préciser « les échanges réciproques » entre l'action et la
pensée, car on ne peut pas lire la réalité de nos vies selon une démarche purement linéaire:
« d'abord agir ensuite penser.... »

ESPERANCE 54: UN DEBAT SUR LE THEME ECONOMIE ET ETHIQUE.

Le 13 mars dernier Espérance 54 avec un petit groupe de paroissiens qui s'est baptisé « avance au large » invitait ses amies et amis à débattre sur le thème Économie et Éthique. Une quarantaine de personnes se sont réunies un samedi après midi, dans une salle d'une paroisse nancéienne, autour de deux enseignants : l'un en économie en classe préparatoire, l'autre enseignant dans un Institutcommercial. Ces « experts » ne souhaitaient pas s'adonner aux plaisirs académiques d'une conférence organisée mais participer au débat et répondre aux questions pour lesquelles ils se sentaient compétents ou simplement proposer leur propres réflexions. Ce qui suit n'est pas uncompte-rendu mais une tentative de situer l'essentiel de ce qui a fait l'objet de nos échanges.

Nous avions proposé un plan de travail en trois points:

1°) de quoi parle t on quand on parle d'économie?

2°) Dans le domaine ainsi défini qu'est ce qui justifie une intervention de l'éthique?

3°) Qu'est il possible de faire pour passer d'une situation considérée comme injuste à celle que nous pensons être meilleure.

Il est apparu d'abord que l'économie pouvait être considérée soit comme un comportement social pour se procurer les biens qui répondent aux besoins humains , en fonction de la rareté des moyens pour les satisfaire, soit comme un savoir qui résulte d ' analyses mais aussi de modélisations de ces comportements. La pratique française de l'enseignement ne sépare pas sciences économiques et sociales, ce qui implique la prise en charge de la complexité des comportements économiques,qui ont des dimensions psychologiques, sociales, culturelles...etc Mais se manifeste de plus en plus une volonté politique de ramener cet enseignement à la gestion d'un type de système économique (capitaliste) qui serait lui même soumis à des lois nécessaires et inéluctables.

La première mise au point a donc consisté à montrer que les sciences économiques sont souvent présentées, dans un esprit scientiste, comme relevant de lois mathématiques de même type que les lois physiques de la nature. De même que nul ne saurait échapper aux lois de la gravitation, l'économie ne saurait fonctionner-dit on- sans respecter des lois « naturelles » et donc inévitables.

En réalité ces lois n'existent pas car le comportement humain de mode de production, de types d'échange, de façon de consommer... impliquent toute la complexité de choix et de volontés ayant des bases biologiques , psychologiques, sociales, culturelles. L'inventivité, le désir de bonheur (et l'idée qu'on s'en fait ou qu'on nous impose) , le choc des intérêts privés et publics, la liberté, interviennent dans la complexité de la vie économique. Il existe des fonctionnement économiques plus ou moins efficaces , mais l'efficacité est alors définie en fonction des objectifs que se donnent ces systèmes qui ne sont pas « naturels » mais relèvent de choix humains.

Il s'en suit que l'éthique entre naturellement dans la sphère économique. En effet un système économique fonctionne en rapport avec les objectifs qu'il se donne (en réalité et non dans les discours officiels) : enrichir les financiers et les actionnaires, augmenter le PNB, donner à manger àtous les hommes, donner du travail à tous, répartir les richesses de telle ou telle façon, consomme en priorité ceci ou cela, ... Ainsi on voit que la crise dite « économique » actuelle a montré à ceux qui savent analyser la réalité que les finances n'ont pas à dominer la production, que la production n'est pas séparable du travail concrètement vécu, des conditions de travail, de l'importance des loisirs, des moyens de la culture, de l'enseignement, de la recherche, du temps laissé à l'art , à la spiritualité ...etc Bref il y a une crise éthique et... politique.

Dés lors surgit une certaine « trinité »: Economie- Ethique ...et Politique. On a tendance oublier le rôle essentiel des choix politiques à cause du discours soit disant scientifique de la dérégulation et du « moins d 'Etat » que tiennent les économistes dits ultra-libéraux.. A ce propos quel dommage que le beau mot de libéral soit utilisé en France pour désigner la « dictature » du profit capitaliste!

L'économie consiste à donner les moyens de satisfaire des besoins humains, selon des objectifs éthiques (respect de l'homme, des travailleurs, hiérarchie des valeurs, urgence te hiérarchie des besoins, types d'options en faveur des intérêts -privés ou publics- ...etc.) et la politique consiste alors à faire et à imposer les choix législatifs permettant d'harmoniser au mieux le système économique adapté aux objectifs éthiques définis.

A la question de savoir si dans leurs établissements de formation respectifs, nos deux professeurs incluaient l'éthique dans leur enseignement, il est répondu qu'au Lycée (et en classe prépa.) l'éthique et la réflexion sur le politique relèvent actuellement plutôt de la philosophie. Quant à l'institut commercial il y est fait une réflexion sur les différences culturelles -et donc entre autres éthiques- qui se vivent au sein des différents pays où les futurs commerciaux peuvent exercer leur compétences.

Une question enfin a été débattue. Comment se mettre d'accord sur les valeurs humaines prioritaires dont doit s'inspirer la politique en vue de réguler l'économie?

-peut il y avoir des valeurs universelles dans une mondialisation multi-culturelle, où

pourtant les « valeurs » capitalistes semblent presque partout se présenter comme des modèles « objectifs » à atteindre au point d'inspirer les « aspirations » des pays les plus défavorisés?

-comment obtenir un consensus sur la notion d'intérêt général alors que les intérêts particuliers, de classe, voire de mafias, et les intérêt nationaux (voir déjà en Europe!) s'affrontent entre eux? Par exemple des biens aussi communs que l'eau, la terre, les matières premières, les sources d 'énergie, certaines productions agricoles, doivent ils servir l'enrichissement des quelques uns (firmes privées et-ou États que le hasard historique a favorisé) ou être l'objet d'une politique mondialement définie? Par qui? Avec quels pouvoirs?

- la démocratie n'est elle pas quasi impossible dans notre monde puisque les rapports de force favorisent systématiquement...les plus forts (les plus riches, les mieux armés, les dominants culturels...voir les « justifications » idéologiques des tenants du darwinisme social) ?

La démocratie est déjà rendue possible par le simple fait de poser publiquement ces questions qui remettent en cause la dictature idéologique de l'ultra libéralisme. D'autre part il faut savoir que le seul appel à la bonne volonté, à la générosité, à l'amour du prochain ou autres idéaux en soi très respectables et nécessaires ne suffisent pas. Dans un monde où les riches et les forts font la loi la révolte des victimes de l'injustice a historiquement toujours été indispensable pour rejeter ce libéralisme que Jaurès appelait « la liberté du renard dans le poulailler... « libre » et atteindre l'idéal proposé par Lacordaire (OP) (un penseur libéral de 19ème siècle): « Entre le fort et le faible , entre le riche et le pauvre, c'est la liberté qui opprime et c'est la loi qui libère »

L'équipe de coordination d'Espérance 54

Conférence sur « Islam-chrétienté : un même Dieu , undialogue difficile ! »
organisateurs Les amis de la Vie à Nancy-Espérance 54 avec l'appui du secours catholique

Michel Roussel est proviseur honoraire, membre du bureau de la Fédération des Réseaux du Parvis, de l’équipe d’animation de France-Algérie et du groupe des amitiés islamo-chrétiens. Après une brève intervention, il nous invite à échanger librement sur toutes ces questions.

Fil rouge : les moines de  Tibhirine pour comprendre le dialogue islamo- chrétien. L’islam fait peur en France, en Europe, et suscite des fantasmes irraisonnés encouragés par les hommes et même une femme  politique, surfant sur une vague raciste et xénophobe. Question : pourquoi une religion qui s’inscrit dans la continuité du judaïsme et du christianisme et qui marque une si grande dévotion à la Vierge et à Jésus peut-elle  susciter des réactions si négatives ?
On est passé du terrain religieux au terrain idéologique et politique.  Au mieux on ignore l’Islam, au pire on entend terrorisme contre croisés.
Ici nous parlons de dialogue respectueux de l’histoire de l’autre sans rechercher ce qui serait déstructurant.
Le propos de ce soir n’est pas  d’aller vers le syncrétisme mais d’écrire ensemble notre page sur un rapport positif à l’autre.
Rappel de Vatican II   qui nous a initié à   un accent de vérité en rejetant toute vision négative sur  les autres religions (Nostra Aetate )
Tibhirine : frère Christian, apôtre de cette théologie pour créer un lien de paix très fort en Algérie entre chrétiens et soufis, a participé au Ribat el Salam (lien de paix) qui  s’était encore  réuni le 26 mars 1996 avant l’enlèvement des moines (Thomas Becker, alors vicaire épiscopal d’Oran y participait lui aussi, il est toujours présent à Oran aujourd’hui.)

« Voici que  je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec Lui ses enfants de l’islam tels qu’Il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de Sa Passion, investis par le don de l’Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences. »

Les musulmans, « enfants de l’islam » sont bien pour lui  fils du Père en raison de leur foi musulmane…
Christian de Chergé est devenu meilleur chrétien grâce à l’Islam . Une mosquée va se créer au village . Il aimait entendre l’appel de la cloche et du muezzin (dans l’enceinte même du monastère).

Rappel aussi  de Louis Massignon, qui redécouvre sa foi chrétienne au contact des musulmans (pèlerinage du Vieux marché en Bretagne)
Lyautey a créé la grande mosquée de Paris disant qu’elle ne ferait pas d’ombre à Notre Dame.
On parle d’intégration et non d’assimilation.


Des questions pour le dialogue
Que savons-nous de l’Islam ?
Qu’avons-nous fait pour mieux connaître l’idéal religieux de tout musulman?
De quelle manière cette relation entre dans notre volonté d’être témoins du christ?
Que faisons nous pour lutter contre les suspicions, les a priori dans nos églises et paroisses ?
Les évêques et le pape ont des positions ouvertes.

Ce soir plusieurs points
L’évolution des relations depuis les débuts de l’Islam
Ce qui pourrait nous unir, cachant souvent de profondes différences.
Des exemples de dialogue « qui marchent »  ( pèlerinages islamo chrétiens)
Pistes pour aider au dialogue


Historique :

Début de la conquête de l’Islam (Hégire 622) : Mohamed a quitté la Mecque et rejoint  Médine.
Jusqu’au  14ème siècle, les relations sont très conflictuelles entre Islam et chrétienté, mais l’intolérance est d’abord le  fait des catholiques qui pensent que l’Islam a été envoyé par Dieu pour punir les chrétiens dIe leur péché et que c’est une religion du mensonge avec de fausses prophéties Pour les musulmans le christianisme est une forme de polythéisme (Dieu en 3 personnes)..
Petit à petit des chrétiens découvrent que les hommes vénèrent le même Dieu d’Abraham et que Jésus et Marie font partie de l’imaginaire musulman .
Débats : Jean Damascène : Mohammed faux prophète, pour d’autres, Mohammed serait un grand réformateur.
1146 : première traduction du Coran en latin par René le vénérable, abbé de Cluny, c’est le temps aussi de  la venue de François d’Assise au Caire près du sultan pour le convaincre de se convertir.
Au 13e Thomas d’Aquin plus « violent » à l’égard de Mohammed et de l’islam
Coté musulman focalisation sur la croix, la Trinité et … le manque d’hygiène des chrétiens.
Au Moyen âge, les sarrasins, les croisades : «  1er djihad chrétien ? » « talibans catholiques »
Tout ceci a durci les relations avec un mépris de l’autre. Les musulmans ont été stigmatisés avec aujourd’hui  des relents post coloniaux cachant un sentiment anti arabe, politiquement incorrect parce que raciste et xénophobe, il est plus facile d’attaquer l’islam..
Toutefois 20% des musulmans seulement sont arabes et 10% des arabes sont chrétiens ou juifs.
L’hostilité envers l’Islam vient de la peur de la différence, du changement.
En France il y a 5-6 millions de musulmans. En 2030 ce sera 20% de la population. : Il faut donc construire les bases d’un « vivre ensemble » et les chrétiens sont en première ligne pour ce dialogue.

Ce qui pourrait nous unir :

les 3 monothéismes ont pour source la même Révélation.
Dieu dit à Mahomet : « Il ne t’est rien révélé qui n’ait déjà été révélé avant ! »
Un même Dieu : Allah veut dire Dieu en arabe. C’est le même dieu, celui d’Abraham : Dieu clément et miséricordieux.

Jésus est très vénéré dans l’Islam : c’est un des plus grands prophètes, le dernier saint. Les sunnites disent : »Jésus reviendra à Damas à la fin des temps. »Au 13ème siècle, Mouloud, la fête de la naissance de Mahomet, s’est calquée sur le modèle de Noël
Il y a eu des influences réciproques.
Mohamet s’est battu contre les juifs qui critiquaient Jésus et  Marie.  Il y  un chapitre entier sur Marie dans le Coran. C’est la seule femme vénérée dans le Coran.
Les femmes de Mohamed (Khadidja, Aïcha) ne sont pas dans le Coran ni Fatima, sa fille préférée  si importante pour les chiites.
La légende des 7 dormants : ce sont des chrétiens dans le Coran : c’est lu tous les vendredis à       la mosquée.
Pour les gens du Livre, les prophètes sont communs : Adam, Noé, Abraham, Moïse, Jésus. Abraham est considéré comme le 1er musulman. Dieu aurait fait « une piqûre de rappel » en envoyant ensuite David, Moïse, Jésus.
Le culte des saints et mystiques a souvent dégénéré en superstition, comme chez les chrétiens.

Les chiites sont plus proches des chrétiens, par exemple la notion de Ste Famille : Mahomet , sa fille Fatima, son gendre-cousin  Ali ses deux petits fils Hussein et Hassan..
Les mosquées sont très décorées comme les églises baroques.
Il y a un clergé : Grand Ayatollah,  les Ayatollahs, les mollahs.
L’idée d’un messie sauveur, L’Achoura : flagellation comme la passion du Christ est le symbole de la mort d’Hussein petit-fils du prophète .
L’importance des compagnons du  prophète comme les apôtres . Les chiites acceptent la représentation des personnages à travers les images.

Des convergences,  mais aussi des divergences  ou plutôt des controverses:

Dans le Coran Dieu est unique, sa transcendance est absolue : il n’y a pas d’associé. C’est un Dieu tout-puissant, loin des hommes. Pour les chrétiens : Dieu s’est fait homme.
Islam : on est soumis à Dieu, c’est lui qui décide.
L’islam est la religion du juste milieu  (Ni peuple élu comme les juifs, ni Dieu fait homme comme les chrétiens).
L’Incarnation : Jésus ne peut être Dieu, Dieu ne peut enfanter.
Jésus pardonne les péchés, pas Mahomet (Seul Dieu peut le faire, pas un prophète ce qu’est Jésus pour les musulmans)
Pour eux, Jésus, envoyé de Dieu, ne peut être vaincu. Celui qui est mort est un sosie, il n’est pas ressuscité. Il s’est élevé au ciel près de Dieu.
La Trinité « associassioniste » est honnie : c’est une dérive du polythéisme.
Tous des religions du Livre mais pas d’accord sur la véracité de ceux ci : dans le Coran on trouve la vraie Torah et le vrai Evangile, disent-ils.
Pour l’Islam, le sacrifice d’Abraham : c’est Ismaël.
La Mecque a remplacé Jérusalem.
Théorie du Paraclet : Jean annonce la venue de Mahomet pas de l’Esprit Saint.
Le péché originel : l’Islam n’en veut pas. Pas de mystères, de sacrements, pas de clergé.
La notion de paradis : pour les chrétiens c’est aux côtés de Dieu. Pour les musulmans c’est avec des femmes, des jardins, des fêtes…
Les rites musulmans sont très simplifiés à partir des  5 piliers.
La philosophie de la vie est différente. Pour l’Islam c’est l’hédonisme, la vie étant l’avant-garde du paradis. Pour les chrétiens : c’est l’ascèse, la rédemption par le travail, voire la souffrance. Chasteté pour les uns, pudeur pour les autres.
Pour Mahomet, l’Islam n’est pas une nouvelle religion.
Le Djihad : le grand c’est un combat spirituel contre soi-même. Il n’a toutefois été affirmé qu’au 9ème siècle, à partir d’un dit du prophète. Le petit c’est la guerre sainte. Dans l’Evangile on parle aussi d’épées et la Bible (ancien testament) est encore plus violente.
L’interdit de l’image de Dieu : les sunnites en ont fait un dogme en s’en prenant  aux idoles.
Les contradictions ne sont pas tant religieuses que culturelles, venant des traditions patriarcales.
L’égalité des sexes : Mohamed a été monogame pendant 25 ans ; il est dit que l’on peut prendre 4 femmes à condition de les traiter équitablement. La répudiation : ce que Dieu hait le plus dans le Coran.

Pistes pour favoriser le dialogue :
Avec quels musulmans dialogue-t-on ? Il faut faire attention à ce qu’on dit : écouter d’abord, ne pas en savoir plus qu’eux sur leur religion. Les moments privilégiés sont les fêtes laïques ou religieuses, manger ensemble.
Faire le vide, éviter les préjugés coloniaux face aux arabes et noirs .Se débarrasser de ses certitudes religieuses et politiques. Bannir prosélytisme, paternalisme.
Reconnaitre éventuellement  le caractère prophétique de Mahomet (ce qui pour nous ne le place pas au même niveau que Jésus que nous considérons comme un Dieu) , rechercher la réconciliation.
Respect dû au Prophète
Chez les chrétiens il y a eu les croisades, l’inquisition, la colonisation, ce qui devrait nous rendre modeste d’autant que la charia en tant que telle n’est pas dans le Coran, elle s’inspire à la fois du Coran et de la Sunna (dont beaucoup de Hadith sont contestés du fait d’une authenticité douteuse. S’y ajoutent quelquefois des traditions venues des tribus.

Essayer de faire des piliers communs :

Des pélérinages communs, des rencontres interreligieuses, des jumelages scouts : tout cela existe.
Islam ne rime pas avec islamisme pas plus que chrétiens avec inquisition ou socialisme avec stalinisme.

Frère Christian disait : »L’Algérie et l’islam :c’est autre chose ».
Marchons dans ses pas.


Questions, témoignages

Dans l’Islam, comme dans le christianisme, des courants. L’Islam n’est pas monolithique.

Témoignage  d’un turc musulman:
l’essentiel de nos difficultés vient de nos frustrations
aucune autorité dans l’Islam, possibilité d’interpréter : pas d’intermédiaire entre Dieu et la personne : l’individu est en quête permanente, ce qui fait la force de l’islam. Ce qui nous unit : l’amour de Dieu, faire du bien à l’autre, respecter l’environnement naturel.
On est condamné à vivre ensemble, on pense différemment

JP B ..  de la part d’Odile Franc  qui n’a pu venir ce soir : projet d’un groupe des amitiés islamo chrétiennes dans le diocèse . Dès maintenant, une équipe de couples mixtes, une équipe de grand parents dont les enfants sont convertis.

Citation d’ Amadou Hampaté Ba : «  Il n’y a pas la vérité, il y a ta vérité et ma vérité comme deux croissants de lune,  faisons en sorte de les rapprocher pour que le lumière de la  lune nous éclaire ».



Mise à jour le Dimanche, 29 Avril 2012 09:50