Appel pour un désarmement nucléaire
| Europe et International |
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| Écrit par Les Réseaux du Parvis | |
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Le Réseau Européen : Eglises et Libertés a tenu son assemblée Générale et ses journées de travail à Barcelone du 28 avril au 1er mai 2011 avec des délégués de Grande Bretagne, Allemagne, Belgique, Italie, Espagne, Catalogne, Pays-bas, Autriche, Portugal et de France (Didier Vanhoutte était le porte parole accompagné de quatre autres Français - Parténia 2000, FHEDLES, NSAE-) Un compte rendu général sera publié dans la lettre des Réseaux des Parvis en novembre prochain. Il est certain que la laïcité a été au coeur des débats du Réseau Européen :
Prise de parole très convaincue et vibrante sur la laïcité en Catalogne (7 millions d'habitants et 300 langues parlées, l'immigration aidant). Lui-même se "déclare" agnostique, et on sent que cela l'oblige à une sorte de surenchère pour prouver que la laïcité catalane n'est pas anti-religieuse. Il dira même que, bien qu'il soit tout à fait favorable à la séparation du politique et du religieux, il considère que ce qui se passe en Catalogne par rapport à la laïcité ne peut pas se comparer au modèle français. Il estime justifié que le gouvernement provincial entretienne des relations étroites avec les diverses religions, et que ce dialogue puisse éventuellement aboutir à une forme de soutien. Didier Voir le site : http://www.en-re.eu ____________________________ Le G8 à Deauville 26 et 27 mai 2011 : toujours la même comédie
Face aux urgences écologiques et sociales, quelles transitions ? Quelle production pour quelle consommation ? Les capacités de la planète sont limitées, et notre modèle de développement est arrivé au bout de ses incohérences : nous aurions déjà besoin de plusieurs planètes, et le fossé des inégalités ne cesse de s’accentuer… La prospérité matérielle dans laquelle nos sociétés vivent montre que là n’est pas la clef du bonheur. Qui plus est, cette prospérité n’a pas de sens si elle ne bénéficie qu’à une minorité. Cette prospérité a encore moins de sens si elle entame les conditions de la prospérité de demain en épuisant les réserves de ressources naturelles. Le capitalisme vert, le transfert des technologies inadaptées, ainsi que la marchandisation des ressources naturelles (eau, air, biodiversité,…) et les autres solutions de marché montrent déjà leurs limites. Elles ne sont pas la solution à la crise systémique actuelle. Par contre, de nombreuses pistes de solution émergent, tant au niveau local qu’au niveau global. Le sauvetage du secteur financier et bancaire imposé aux contribuables des pays européens par le biais de la mise en place de politiques d’austérité a eu des conséquences dramatiques pour les populations. La dette publique est utilisée comme prétexte à des coupes budgétaires dans tous les services publics (santé, éducation, protection sociale, retraites, culture, etc.). Ce à quoi nous sommes confrontés en Europe du Nord n’est qu’une réplique de ce que les pays du Sud ont connu avec les Plans d’Ajustement Structurel imposés par le Fonds monétaire et la Banque mondiale. Les pays du G8, actionnaires majoritaires des institutions financières internationales et de l’économie mondiale, sont à ce titre largement responsables de la situation d’endettement des pays. Au Nord comme au Sud, ce n’est pas aux peuples de payer cette dette illégitime. A l’heure de la catastrophe de Fukushima, des 25 ans de Tchernobyl, de la crise économie, climatique et environnementale, et dans un contexte local telle que la Haute Normandie (Centrales Nucléaires et EPR), il est urgent pour nous de débattre du nucléaire et de l’énergie plus largement, de la sécurité pour les salarié-e-s comme pour la population et de la transparence des informations à ce sujet. Les controverses ne manqueront pas mais nous faisons le pari que le dissensus est fécond. L’agriculture paysanne et familiale est laminée par les politiques libre-échangistes depuis les années 70. Les agricultures sont mises en concurrence, au détriment des conditions sociales et environnementales. Où en sont les politiques agricoles dans le monde, et notamment la Politique agricole commune ? Quelles responsabilités des pays du G20 ? Dans les pays du Sud, les communautés locales dépendent de la terre pour leur survie. Quelles conséquences de l’accaparement des terre et quel rôle des multinationales ? Le démantèlement des politiques agricoles et des outils de régulation des marchés a contribué à une volatilité extrême des prix agricoles : cette question est discutée par le G20, mais les solutions proposées sont tout sauf convaincantes. Quelles alternatives ? Et quelles enceintes légitimes pour élaborer et coordonner les politiques agricoles mondiales ? Face à une insécurité sociale et économique grandissante (chômage, précarité…) les étrangers sont les premiers pris pour cibles. Les récentes déclarations d’hommes politiques, en France et en Europe, montrent une crispation autour des questions migratoires et libèrent une parole xénophobe qui entraîne à son tour une montée en puissance de l’extrême droite. Le renforcement des contrôles aux frontières européennes, la remise en cause de la liberté de circulation au sein-même de l’espace Schengen, l’enfermement des sans-papiers et les expulsions sont présentés comme des solutions à la crise. Après avoir prôné ouvertement une politique utilitariste opposant une immigration dite « choisie » à une immigration « subie », l’immigration légale est à présent elle-aussi visée, au mépris des droits humains. Ces politiques ont des conséquences dramatiques sur la vie de milliers de personnes migrantes. Elles masquent également une hypocrisie en fabriquant des personnes sans-droits en réalité bien utiles à des employeurs qui bénéficient ainsi d’une main d’œuvre à moindre cout et moins encline à réclamer ses droits. Face ces constats, comment lutter aux côtés des personnes migrantes pour exiger l’égalité des droits pour tous et la liberté de circulation ? Capitalisme et patriarcat se conjuguent encore et toujours pour refuser aux femmes du monde entier d’accéder aux droits fondamentaux. Mais les femmes du monde entier se mobilisent pour changer cette situation et transformer le monde. Au Nord comme au Sud, au travail comme dans la famille, elles refusent les violences. Au Nord comme au Sud, le capitalisme encourage les discriminations de genre à son profit. Partout dans le monde, les femmes sont victimes de la précarité (travail sous-payé et souvent invisible) et sont sur-exploitées tant dans le cadre familial et que professionnel. Partout dans le monde, les femmes travaillent mais ce travail est sous-payé, précarisé, trop souvent invisible et ne permet pas une autonomie financière réelle. Les femmes doivent disposer de leur corps et choisir leur sexualité : contraception et avortement sont des droits fondamentaux pour l’émancipation. Dans les révolutions arabes, les femmes sont largement présentes et s’approprient les droits politiques dans la lutte. Toutes ces questions doivent être au cœur des réponses alternatives à construire pour rendre possible un autre monde. La crise financière de 2008 est clairement dans la logique du capitalisme international. Parmi les premières victimes du système financier mondial on compte les pays les plus pauvres, mais les conséquences sont également dramatiques dans les pays du Nord. Suite au krach financier de 2008 et au sauvetage des banques payé par les états, de nombreux pays connaissent des niveaux de dette souveraine exorbitants, aggravés pour certains par des attaques spéculatives. Face au creusement des déficits et à la fragilisation des budgets nationaux, les choix politiques ont porté exclusivement sur des mesures d’austérité, qui retombent sur les populations qui en payent le prix fort (politiques d’austérité, délocalisations, crise immobilière, accroissement sans précédent des inégalités et de la misère, licenciements massifs). Une réelle régulation du secteur financier (taxes sur les transactions financières, suppression des paradis fiscaux, démocratisation et contrôle du secteur bancaire) est urgente. Nos débats devraient démontrer combien le capitalisme et ses exacerbations financières sont destructeurs et comment nous entendons y faire face. Oui, une autre répartition des richesses est possible ! Taxer la finance pour un monde plus juste : La mise en place d’une taxe prélevée sur l’ensemble des transactions réalisées, sur les marchés financiers permettrait de dégager, chaque année des centaines de milliards d’euros pour lutter contre la pauvreté et les changements climatiques. Cette taxation obligerait le secteur financier à participer à l’effort de solidarité. Le contexte politique n’a jamais été aussi favorable à la mise en place d’une telle taxe : La France et l’Espagne se sont prononcées en sa faveur à l’ONU. L’Union Européenne et le FMI ont reconnu qu’elle était techniquement réalisable . Les peuples d’abord pas la finance ! _______________________________________________________Les Réseaux du Parvis, le Réseau Européen et les activités Internationales. AG du reseau europeen (mai 2010) Amsterdam – journée d’étude Pour des communautés responsables : le droit canon est à leur service Intervention de Rik Torfs (Résumé par Pierre Collet à partir du néerlandais). Disponible sur le site de Pavès (Belgique) : http://www.paves-reseau.be/revue.php?id=862 Avant d’aborder la question des communautés indépendantes, je voudrais la situer par rapport à deux réalités essentielles, le pluralisme et les Droits de l’Homme. Depuis le concile Vatican II, il est beaucoup question de pluralisme au sein de l’Église catholique : de facto – pas en droit, bien sûr – il y a en effet plusieurs manières très différentes d’être catholique. Pour l’autorité, cela fait naturellement problème. Je propose de distinguer trois types de réaction face au pluralisme chez les dirigeants ecclésiastiques.
Le premier modèle : mettre de l’ordre dans les affaires ! Tout le monde doit marcher dans la même direction : les Pays-Bas connaissent bien ce modèle depuis la nomination de Mgr Gijsen à Roermond au début des années 70. Longtemps ce fut le modèle unique, et la seule alternative pour ceux qui ne voulaient pas se laisser embrigader était de quitter l’Église. En Belgique, le modèle Danneels a fait recette pendant de longues années. Il fait une séparation entre la foi et l’Église. Laissez l’Église à ceux qui sont chargés de la diriger et ils vous laisseront tranquille. Mais cela signifie naturellement qu’il existe encore une sorte d’église formelle, que le bâtiment est toujours debout, mais qu’il est vide, et que les gens qui devraient le visiter sont occupés à d’autres choses et pas du tout à contrôler le bâtiment. Ce modèle produit une véritable aliénation entre l’Église et la foi. C’est peut-être bien une attitude typiquement belge, ou alors latine. Des Hollandais n'accepteraient jamais cette schizophrénie. Ils s’opposent parfois à une loi, mais s’il le faut, ils sont prêts à l’accepter contre leur gré. Tout autrement qu’un Italien. Les Italiens, par exemple, ont du respect pour la loi, et celui qui respecte la loi se dispense de l’observer… Je ne sais pas si ce modèle Danneels est tellement meilleur que le modèle Gijsen et consorts. Dans les deux cas, on n’a que du mépris pour ce que les croyants veulent vraiment, soit en les ignorant et en les chassant, soit en les laissant tourner en rond de peur qu’ils ne s’en prennent à l’institution. On peut imaginer aussi un troisième modèle qu’utiliserait, me semble-t-il, l’archevêque actuel de Malines-Bruxelles, André-Joseph Léonard, mais il est possible que je me trompe. On craignait dans un premier temps que son arrivée provoque un durcissement, comme on l’a vu ces dernières années aux Pays-Bas. Mais il semble qu’il ait compris qu’il n’y avait plus moyen de résoudre certains problèmes en interne et qu’il fallait faire confiance à l’expertise de certains croyants de l’extérieur, y compris de ceux auxquels il n’aurait pas fait confiance spontanément. Il est possible que les récentes révélations d’abus sexuels y soient pour quelque chose. Ensuite les Droits de l’Homme dans l’Église catholique... Ils existent bel et bien dans le droit canon de 1983, même s’ils y portent un autre nom, celui de « obligations et droits de tous les croyants ». Il y est question entre autres de la liberté d'expression, du principe de légalité, mais aussi de la liberté d’association, etc. C’est ainsi que, la semaine passée, j’ai dû prendre la défense d’un évêque violemment attaqué – et à juste titre – pour des faits de pédophilie. D’accord pour sa démission, évidemment. Mais pourquoi réclamer sa réduction à l’état laïc ? J’ai dû répéter à plusieurs reprises : non, il faut respecter les règles, même si le coupable est un évêque… Le droit est de toute façon une nécessité du vivre-ensemble : alors comment utiliser ce droit – et donc le droit canon – pour se forger son opinion ? Parmi d’autres possibles, voici sept pistes de réflexion à ce sujet. 1. Le droit d’association. Le code de 1983 reconnaît le droit à l’association (CIC 215). Il fait la distinction entre une association publique, une association privée et une association de fait. Et les croyants ont le droit de créer l’association qui leur convient. Savez-vous que l’association de fait prévoit même que des non-catholiques peuvent en faire partie ? Dans certaines situations, cela peut être un avantage. 2. Le droit d’initiative. Les croyants ont le droit de prendre des initiatives (CIC 216) à l’unique condition qu’elles ne menacent pas les structures existantes. Mais que signifie cette condition si la structure existante est trop affaiblie, comme c’est le cas de certaines paroisses ? On ne détruit pas ce qui n’existe plus… Au fur et à mesure que les structures traditionnelles fonctionnent moins bien, les croyants voient donc grandir leur droit à prendre des initiatives. 3. Le sacrement ‘reconstruit’ – à défaut d’une appellation plus adéquate. L’Église catholique connaît sept sacrements qui sont très règlementés par le code : qui peut les administrer, quand sont-ils valides, etc. Il y a de plus en plus de situations où il est devenu impossible d’administrer les sacrements à cause de la pénurie de ministres, je pense par exemple à l’onction des malades. C’est ainsi que se développe la tendance à inventer des rites qui ressemblent aux sacrements mais qui n’en sont pas : des sacrements ‘reconstruits’. Tant qu’ils ne prétendent pas être des sacrements ‘valides’, il ne devrait pas y avoir de problème avec le droit canon… 4. La coutume contre la loi. Car certaines pratiques contredisent les règles, et si on est alors dans l’illégalité, c’est pourtant légitime : on peut enfreindre la loi… Encore une bonne nouvelle que vous ignorez sans doute : le code prévoit qu’une coutume qui va contre la loi obtient force de droit après trente ans. Prenons l’exemple de laïcs qui font l’homélie : les évêques peuvent protester au nom du canon 767, et la communauté répondra que c’est une habitude bien ancrée et donc que le droit le permet. Mais il y a une restriction quand même, ces coutumes ne sont pas admises quand le ‘droit divin’ est en cause. Par exemple, depuis 1994 et la lettre Ordinatio Sacerdotalis, il est de droit divin que les femmes ne peuvent pas être ordonnées prêtres, comme si Dieu avait vu clair enfin à cette date sur cette question… Je pense que c’est une piste intéressante, surtout au niveau local. 5. Les lacunes dans la loi. Alors que pour certains cette situation est une source d’insécurité, il faudrait plutôt voir dans l’absence de loi une occasion et un espace de liberté. C’est l’argument qu’a utilisé récemment pour se défendre Ruud Huysmans, coupable selon son évêque d’enfreindre la loi du célibat par l’astuce du ‘geregistreerd partnerschap’ - un système de reconnaissance légale de la cohabitation. Quelque soit le jugement moral à porter là-dessus, je trouve important de souligner qu’il existe plus souvent qu’on ne croit un espace de liberté non couvert par le droit. 6. Le baptême et l’appartenance à l’Église. Pour l’Église catholique, le lien entre les deux est très strict, l’un ne va pas sans l’autre. C’est un point qui est souvent discuté ces derniers temps, en particulier à la suite des scandales d’abus sexuels : un certain nombre de gens qui ne veulent plus avoir affaire avec cette Église demandent à être ‘débaptisés’… Impossible, leur répond-on, le baptême imprime une marque indélébile ! Pourtant, dans les années ‘40 déjà, le théologien Karl Rahner avait tenté de montrer que les deux pouvaient être séparés, car le caractère d’adhésion et d’appartenance ne peut jamais être automatique. Peut-être qu’en situation de crise, comme aujourd’hui, cette distinction aurait plus de chance d’être entendue. N’empêche, tant que ce n’est pas le cas, l’appartenance à l’Église par le fait du baptême reste une garantie. Un évêque aurait beau vous dire : mais en disant, en faisant cela, vous n’êtes pas catholique ! Vous pourrez toujours répondre : vous vous trompez, j’ai été baptisé… Quelles que soient les sanctions que peut prendre l’autorité, elle ne pourra jamais aller contre cette appartenance radicale : profitons donc de cela pour suivre notre chemin. 7. Le droit pénal ecclésiastique. Il existe évidemment, et longuement, du n° 1311 au 1399. Mais il y a une différence significative par rapport aux autres codes profanes : même si toutes les raisons existent pour punir quelqu’un – l’existence du délit, les preuves, la responsabilité de la personne – on n’est pas obligé de punir. Ce devoir compulsif de punir qu’on trouve dans la justice civile est totalement absent du code. En outre, il existe dans le droit canon une règle concernant la non-responsabilité, inculpability, qui est très généreuse. Il y a toujours bien une raison qui justifie une réduction de peine… En conclusion, je voudrais résumer ce que j’ai voulu dire. Il ne vous faut rien attendre de l’autorité pour suivre votre cœur et vos convictions. Votre chemin, c’est vous qui devez le chercher. Ce n’est pas dans les bureaux du Vatican ou du diocèse que vous trouverez les idées pour quelque renouveau que ce soit. Mais quand vous avez fait vos propres choix, quand vous êtes parvenus à mettre sur pied une communauté locale vivante, quand vous pouvez arriver à cela avec votre propre créativité, votre foi, votre savoir, alors il n’y a plus aucun problème pour expliquer à un évêque que ce que vous faites convient parfaitement à l’intérieur du système dont ils pensent être les responsables. ____________________________________________________________________________ AG DU RESEAU EUROPEEN (mai 2010) Journée d’étude – Amsterdam La Dominicusgemeente Amsterdam, ou une paroisse hors normes Par Ko BORDENS Président de l'équipe liturgique de la Dominicusgemeente à Amsterdam, traduit du néerlandais par Pierre Collet (le texte peut être obtenu de Pavés – Belgique) http://www.paves-reseau.be/revue.php?id=86 Le bâtiment où vous vous trouvez était bien différent il y a 46 ans, car tout était alors concentré sur l'autel. Et le nombre de paroissiens a diminué considérablement. Cela commence en 1964. Quand quatre dominicains s’installèrent ici. Ce qu’ils avaient bien l’intention de faire, c’était de traduire concrètement les acquis du concile Vatican II. Et il fallait étudier de nouveau les Ecritures. Ensuite ils ont laissé les choses évoluer et à chaque fois ils ont fait ce qu’ils ont cru devoir faire. Cette évolution est donc principalement une coïncidence de circonstances fortuites. Trois ans plus tard, la chorale de Bernard Huijbers s’est proposée pour venir chanter ici. La condition fut qu'elle participe activement à la préparation de tous les offices. Cette pratique s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui. Et un podium a été dressé au milieu de l'église à partir de l’idée que la liturgie se passe à la fois sur le podium et dans la salle [ce « podium » se trouve sur un côté, et non pas dans le chœur]. Cela a débouché sur une structure de direction, avec un conseil démocratiquement élu et compétent pour faire les nominations : il confie la liturgie à des professionnels et l'administration du bâtiment à un conseil de gestion. Il était inévitable que tout ceci cause des tensions et mette en évidence des obstacles. La principale pierre d’achoppement a été le diocèse de Haarlem. À cause du mode d'administration démocratique choisi : c’est en effet l'évêque qui a le droit de nomination. Nous n’avons pas tenté d’éviter le contact, nous avons essayé de dialoguer. Et nous avons été autorisés à poursuivre pour une période expérimentale de cinq ans. Le représentant de l'évêque a ainsi formulé les choses : on met les règles ecclésiastiques entre parenthèses. Une commission de guidance, constituée d’un théologien (Edward Schillebeeckx), un liturgiste et un canoniste, évaluerait l'expérience. Après cinq ans, cette évaluation conclut que la Dominicusgemeente cherche une voie plus libre et personnelle, différente de ce que le droit canon catholique prévoit et qu’on peut le comprendre… Elle se consacre à une tâche plus large de l’Eglise et qui concerne de nouvelles formes de christianisme. Mais après quelque temps, le diocèse fait savoir que l'évêque ne peut pas accepter notre évolution. Une plate-forme plus œcuménique pourrait créer un climat de liberté où la Dominicusgemeente trouverait sa propre voie de manière plus objective. Un processus d’émancipation est lancé, dans lequel la Dominicusgemeente doit acquérir une personnalité juridique pour garder la structure d'administration actuelle. Un conseil élu détermine la politique, délègue l'exécution aux groupes et aux personnes et porte la responsabilité finale. L'église en tant que société financière est hébergée dans une fondation Dominicus qui devient propriétaire des biens immeubles. Cette opération est bien sûr préparée dans un petit groupe, mais ensuite soumise en plusieurs phases à la communauté, et les décisions sont finalement acceptées à l'unanimité. Comme la Fondation est un partenaire fiable pour le gouvernement, en l’occurrence la Conservation du Patrimoine, une subvention est également accordée pour restaurer l’église dans l'état actuel. La Dominicusgemeente est peut-être un endroit magnifique, elle est aussi une communauté très simple avec tous les problèmes habituels entre le personnel rémunéré et les bénévoles Pour conclure, je voudrais enfin citer un certain nombre de tensions qui peuvent toujours surgir dans un processus d'autonomie. S’agissait-il de réussir des célébrations soignées de grande qualité, faisait-on suffisamment attention à la formation de la communauté ? Pour le dire autrement, s’agissait-il seulement de consommer, ou y avait-il aussi quelque chose du genre de l’engagement des uns envers les autres? N’y avait-il que les professionnels, les théologiens et les artistes qui avaient leur mot à dire ? En lien avec cela, l’opposition souvent faite entre un engagement politique, le combat pour une société plus juste, et l'attention pour l'intériorité. Entre l'action et la contemplation. Une autre préoccupation est de ne pas laisser se développer la communauté comme une île. Tous les six mois, nous nous laissons interpeller sur nos actions par des personnes extérieures à la communauté, venues d'autres communautés, par des scientifiques et des liturgistes. Des partenaires. La Dominicusgemeenste est aussi connue à Amsterdam pour ses portes ouvertes à Noël. Personne ne peut rester seul pour Noël. Il faut que quelque part dans la ville il y ait un lieu, un endroit chaleureux où on est le bienvenu et où on trouvera des gens accueillants, et si possible aussi un verre de vin et un divertissement. Depuis le début de cette année, nous essayons aussi de tendre la main d’une autre façon à l’Amsterdam profane, jeunes et vieux. Chaque premier lundi du mois, nous accueillons une soirée ‘sirènes’, une heure de témoignages, de cris du cœur, de silence, de messages de la société. Avec des poètes, des musiciens, des penseurs, des réalisateurs et des comédiens. Avec eux, nous essayons aussi de trouver un langage qui peut enrichir nos célébrations. Ma conviction profonde, c’est qu’accepter de manière créative tout ce qui surgit dans un processus d'autonomie fournit le ciment pour bâtir de nouvelles communautés de foi. ____________________________________________________________________________ L’atelier International :La diversité des engagements - de fait des Réseaux au niveau international - rend de plus en plus nécessaire l'atelier international, lieu de débat et de réflexion pour les associations participant à ces activités internationales. C'est aussi le lieu où se fait la concertation entre les divers lieux et niveaux d'engagement. Enfin c'est le lieu où s'élaborent les prises de position de la fédération sur les questions traitées par le Réseau Européen dans ses Assemblées Générales. Un engagement citoyen au niveau européen - le Réseau Européen et les institutions de l'union Européenne Europe et laïcité. La fédération se trouve engagée dans la défense et la promotion de la laïcité en Europe dans deux cadres différents. a) Dans le cadre du Groupe de travail multiparti du Parlement Européen (PE) sur la séparation de la religion et de la politique, né en 2004 à la suite de l'affaire Buttiglione dont le PE a rejeté la candidature à un poste de commissaire, et reconstitué en septembre 2009 sous le nom de Plateforme du Parlement Européen pour la Laïcité en politique (PPELP) pour la durée de la législature 2009-2014. b) Dans le cadre du G3i, Groupe de travail International, Interculturel et interconvictionnel créé à l'initiative du Réseau Européen Eglises et Libertés. François Becker a présenté ce projet au responsable des relations avec les organisations de convictions au BEPA (Bureau des Conseillers Politiques Européens), et lui a demandé un soutien financier. Il rencontrera prochainement le directeur chargé de la culture et du dialogue interculturel à la Commission Européenne. Le Réseau Européen et la Crise mondiale. Le réseau Européen a adressé à la veille des élections européennes un appel adopté par l'assemblée générale de mai 2009, un appel au Parlement, à la Commission et au Conseil européens "Pour un système financier régulé et une Europe sociale ". La crise sociale et, dans les pays pauvres, la famine désignée pudiquement "crise alimentaire" ne font que s'aggraver et les 20 gouvernements, autoproclamés instance de gouvernance mondiale, laissent les puissances financières revenir avec déjà des profits record, aux pratiques de spéculation qui ont plongé le monde dans la crise. Cet appel devra sans doute être réitéré et mis à jour. Dialogue de l'UE avec les organisations de convictions. Comme décidé lors de son AG en mai 2009 à Londres, le Réseau Européen a demandé aux services de la Commission Européenne d'être admis au dialogue structuré selon les règles du traité de Lisbonne - dont la ratification est maintenant attendue pour une date prochaine. Une réponse de principe favorable lui a été faite au début de l'été.
L’Europe et Les activités internationales de Parvis
La globalisation de notre monde fait que les problèmes et les situations qui sont à l’origine de la création de Parvis et de ses actions ne se limitent pas à l’hexagone et se retrouvent dans la plupart des pays, qu’il s’agisse des problèmes touchant les personnes, la société, la politique, et l’économie qui est de plus en plus intégrée. Les enjeux qui en résultent sont tels que Parvis ne peut s’en désintéresser pour mener à bien ses objectifs. La fédération des réseaux des Parvis se doit donc de mener des activités internationales. Comment le fait-elle ? I Les différentes formes de l’activité internationale de ParvisLes activités internationales de la fédération sont menées : Au niveau européen, le réseau Européen Eglises et libertés, IMWAC et la coordination européenne des communautés de base cherchent à coordonner le plus en plus leurs activités qui sont complémentaires. Chacune de ces trois associations prennent plus particulièrement en charge un des aspects de la vie de tout chrétien : II Groupe de travail international de la FédérationDe façon à réfléchir aux aspects internationaux de ses activités, à échanger les informations et à préparer les AG du Réseau Européen, la fédération a mis en place un groupe de travail international. Il soumet les conclusions de son travail au Conseil d’administration du réseau qui décide des positions que la fédération défendra lors des rencontres annuelles du réseau Européen. Ce groupe qui rassemble toutes les personnes intéressées par les questions internationales est actuellement coordonné par Denyse Boyer.
Les enjeux actuels dans la construction de l’Europe pour Parvis L’Europe s’est construite autour de trois piliers qui en font la spécificité : L’Europe doit vivre et mettre en pratique ces valeurs aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur dans le monde. Des paroles et des actes inspirés de l’esprit de Jésus sont, pour nous croyants, essentiels. Mais l’Europe est fortement confrontée à d’autres visions venant Dans ces conditions se posent les questions fondamentales en cours de discussion : Ces questions sont importantes et le réseau Européen pense que les Eglises et les chrétiens doivent s’exprimer et contribuer publiquement à la réflexion et qu’ils doivent pouvoir le faire, comme tout courant d’opinion en a le devoir, mais le réseau européen, comme Parvis, conteste que Les courants traditionnalistes et fondamentalistes, bien représentés au sein de la hiérarchie l’Eglise catholique, de celle des Eglises orthodoxes et des instances dirigeantes de l’islam, pensent en effet que ce sont les hiérarchies des Eglises ou des courants religieux qui peuvent et doivent définir les valeurs de référence. D’après eux en effet, ces hiérarchies en ont seules la légitimité car elle provient de Dieu. Pour leur part, les états de l’Europe reconnaissent dans leur grande majorité que ces valeurs sont issues de la réflexion et de l’expérience des hommes et des femmes au cours de l’histoire, qu’ils soient croyants ou non, réflexion et expérience stimulées certes par les différentes convictions religieuses et courants de pensée. Ainsi on assiste à une opposition entre deux universalités : l’universalité de type religieux (Dieu est universel) et l’universalité des Droits Humains. La hiérarchie catholique s’est battue pour que soit reconnue dans le traité de Lisbonne « • Quel rôle l’Église peut-elle jouer auprès de ces institutions ? • L’inscription de l’article II-17 dans le Traité de Lisbonne peut-elle donner plus de poids à la parole de l’Église ? Lors du Conseil d’administration de Parvis a répondu clairement non lors de sa réunion du 29 mars 2009, comme la fédération humaniste européenne l’avait déjà fait. Parvis s’organise pour faire entendre sa voix dans les institutions européennes :
Les institutions européennes
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