Appel pour un désarmement nucléaire
| L'O.C.L : débat Laïcité, lettre aux Partis Politiques. |
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| Écrit par Les Réseaux du Parvis | |||||
Les Actes du colloque 2011 du C.E.D.E.C.Laïcité et citoyenneté : une chance pour les religions
Les Actes du colloque organisé au printemps 2011 par le C.E.D.E.C. (Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l’Ecole Confessionnelle), « Laïcité et citoyenneté : une chance pour les religions », ont paru. Vous pouvez les commander au C.E.D.E.C. 100 rue de la Fuye – 37000 Tours (10 Euros, le fascicule de 40 pages).
Notre objectif : « En tant que chrétiens, nous avons tout à gagner à vivre dans une société laïque, une société authentiquement républicaine, une société où le religieux n’a pas d’accès, pas de relation avec les cercles de l’autorité. » … « Les religions peuvent-elles trouver un quelconque avantage à favoriser la sécularisation, ou mieux la laïcisation des sociétés au sein desquelles elles se trouvent ? » (Introduction du colloque : Didier Vanhoutte). Une référence sous-jacente : dans le Manifeste de l’Observatoire Chrétien de la Laïcité auquel nous sommes « liés » on peut lire « La recherche théologique qui permet à toute foi religieuse de s’enrichir se trouve fortement encouragée par la liberté avec laquelle elle peut être menée ». Premier temps : Laïcité et citoyenneté : deux dynamiques indissociables par Laurent Laot, sociologue et prêtre breton. Il nous livre son « regard » sur notre société dans sa conclusion : « La laïcité, de soi très associable à la citoyenneté dans les conditions suggérées, est-ce une chance ou un risque pour les religions ? Tout dépend de la vision du monde qu’on a… Il faut se demander quelle philosophie nous avons pour nous guider dans le rapport à l’autre que soi. L’autre que soi est-il, a priori, considéré en capacités d’humanité comme un égal ? Si tel est le cas, on est prêt à le rencontrer et, éventuellement, avec lui, à devenir soi-même autre. » Deuxième temps : La laïcité, une chance pour le christianisme, par Jean Riedinger, Secrétaire de l’Observatoire Chrétien de la Laïcité, professeur émérite de philosophie. On trouve dans cette analyse historique serrée l’évocation des étapes de la sécularisation aboutissant à « une sécularisation humaniste par désacralisation de la société en général, Etat y compris » (caractérisée par quelques aspects socioculturels). Si la pratique de la laïcité a été vécue par l’Eglise commune une « malchance », il faut bien reconnaître que « le christianisme, et spécialement l’Eglise catholique, ont eu et ont encore dans leur relation au pouvoir politique… des pratiques et des dogmes qui l’ont éloignée du modèle et de la pratique évangélique ». Finalement, la laïcité favorise trois aspects de la vie des croyants : 1. « La laïcité rend possible une adhésion libre et personnelle de la foi chrétienne » 2. « L’Eglise peut redevenir une communauté autonome et respectueuse de la liberté des autres communautés dans une société civile démocratique » 3. « La sécularisation et la laïcité interpellent l’organisation et la vie de l’Eglise elle-même. » Troisième temps : La Prétendue incompatibilité de l’Islam et de la laïcité, par Ghaleb Bencheikh, Président de la Conférence mondiale des religions pour la paix (au sein de l’ONU). Il se présente comme témoin et comme citoyen « ayant à cœur le devenir de la Cité ». Pour que le vocable « islam » ne soit pas un « mot valise », il précise : « Il s’agit d’une réalité complexe de société humaine travaillée par le fait religieux dans sa coloration monothéiste, abrahamique, islamique ». Pour qu’on ne puisse « se prévaloir d’une législation dite religieuse pour l’imposer au reste de ses concitoyens », G. Bencheikh rappelle fermement une définition de la laïcité… qui trouve un écho, une adhésion chez les participants, même quand ils ne se réfèrent pas à une croyance, même s’il s’agit plus d’une conséquence que d’une définition : « c’est la loi qui garantit le libre exercice de la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi ». L’importance de la civilisation musulmane dans son « apport » à la civilisation de notre humanité sera précisée dans les débats. Monique Cabotte-Carillon _________________________________________________________________ OBSERVATOIRE CHRÉTIEN DE LA LAÏCITÉ Aux instances dirigeantes des partis politiques français Madame, Monsieur, Sur proposition de M. Coppé, secrétaire général de l'UMP, M. Sarkozy, président de la République, a décidé d'organiser une réflexion nationale concernant la laïcité dans la France d'aujourd'hui. Nous craignons – vu le contexte – que cette décision soit prioritairement une façon d'interroger la place de l'Islam dans notre pays. Or de fausses inquiétudes sont délibérément entretenues – y compris par des responsables politiques éminents – et surtout par des tendances et des mouvements xénophobes, concernant les menaces que feraient planer nos concitoyens musulmans sur la culture française. L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL) soutient qu'une réflexion sur la laïcité en 2011 ne saurait se confondre avec un combat contre une prétendue islamisation de la France ! Nous considérons que les croyants de l'Islam ont droit au même respect que les catholiques, les protestants, les juifs, les bouddhistes mais aussi les agnostiques ou les athées, etc., et que la loi doit les traiter également. Telle est la base du vivre ensemble, ainsi que la possibilité même d'une démocratie de citoyens. Certes, la situation des convictions, qu'elles soient religieuses ou non, dans la société française d’aujourd’hui est différente de ce qu’elle était en 1905 au moment du vote de la loi de séparation, qui se voulut et fut, de fait, malgré certaines résistances conservatrices temporaires, une loi d'apaisement. Mais on ne saurait prétendre pour autant que le concept de laïcité est dépassé et que le toilettage de cette loi doit être envisagé ! L'OCL souligne que la loi de 1905, dans ses principes de base, reste d'actualité*. En effet les principes de liberté de conscience, de liberté des cultes, de non « reconnaissance » de ces derniers qui implique que l'État ne saurait les subventionner, sont à nos yeux toujours valables. Il n'y a donc aucune raison de mettre en cause ces fondements de la loi. L'OCL souligne en particulier que, contrairement à certains arguments juridiquement erronés, garantir la liberté des cultes n'implique aucunement de fournir aux organisations religieuses – sur les deniers de l'État – les moyens matériels de fonctionner, mais affirme la reconnaissance du droit pour les citoyens qui le désirent de se rassembler à des fins cultuelles et religieuses. L'objet du verbe « garantir » dans l'article 1 de la loi n'est pas l'exercice des cultes lui-même, c’est-à-dire une activité dont l'État fournirait éventuellement les moyens, mais le libre exercice des cultes C'est la liberté de cet exercice qui est donc l'objet de la garantie. Ainsi la loi fonde à la fois l'indépendance de l'Etat à l'égard des religions et l'autonomie des religions à l'égard de l'Etat, dans les limites démocratiques du respect de l'ordre public. On objecte souvent que les municipalités, les départements, l'État – selon le cas – ont en charge l'entretien des églises catholiques datant d'avant 1905. Cette décision a été prise conjoncturellement du fait du refus obstiné de l'Église catholique, à la différence des juifs et des protestants, d’entrer dans le cadre de la loi, et dans le souci de ne pas brimer les fidèles à cause de l'entêtement aveugle du Vatican. Du fait de cette malheureuse exception, faudrait il donc revenir à une situation antérieure où l'État reconnaitrait de jure la qualité religieuse de telle ou telle organisation afin de subvenir à la construction de lieux de culte ? Cette situation est impensable au regard de ce qui devient de plus en plus une mosaïque de communautés, voire de chapelles ou de groupuscules, prêts pour certains à se faire « reconnaître » comme cultes pour en retirer des avantages financiers. On peut au contraire souhaiter que, petit à petit, l'exception catholique soit en voie d'extinction du fait des nouvelles structures ecclésiastiques qui laissent vacantes et inoccupées de très nombreuses églises, souvent trésors du patrimoine culturel français, dont l'État et les collectivités territoriales sont propriétaires. Il reviendrait alors aux propriétaires de ces lieux de prendre en considération leur intérêt artistique, culturel, ou seulement architectural, pour aider à l'entretien de ce qui fut un lieu de culte attribué à l'Église catholique, en vue d'assurer divers services à la communauté citoyenne dans son ensemble. Ces lieux anciens, puisque construits avant 1905, ne seraient plus alors des lieux de culte, et pourraient être affectés à d'autres fonctions d'intérêt général. Ce simple exemple montre que le « paysage » religieux en France en 2011 a profondément changé par rapport à celui qui prévalait au moment du vote de la loi de 1905. Le christianisme s'est diversifié, a parfois éclaté, des églises ou communautés nouvelles (évangéliques par exemples, progressistes ou intégristes en d'autres cas), des religions, comme les baha’is, les différentes écoles du bouddhisme, des communautés spirituelles très diverses, jusqu'à des mouvements ou groupuscules sectaires, sont apparus. D'aucuns pensent néanmoins qu'il faudrait faire un geste particulier en faveur de nos concitoyens musulmans désormais très nombreux dans notre pays, et qui n'étaient pas pris en compte dans la loi de 1905. De plus en plus de musulmans vivant en France sont en accord avec ce passage du rapport de la commission Stasi : "L'islam, religion la plus récemment implantée en France et qui compte de nombreux fidèles, est parfois présentée comme inconciliable avec la laïcité. Pourtant la théologie musulmane a produit, dans sa période la plus brillante, une réflexion novatrice sur le rapport entre politique et religion. Les courants les plus rationnels en son sein refusaient la confusion entre pouvoir politique et spirituel. La culture musulmane peut trouver dans son histoire les ressources lui permettant de s'accommoder d'un cadre laïque, de même que la laïcité peut permettre le plein épanouissement intellectuel de la pensée islamique à l'abri des contraintes du pouvoir." Dans le sens de la loi de 1905, il revient à toutes les Églises et institutions religieuses, d'envisager les moyens de leur propre financement. En ce qui concerne la construction des lieux de culte, des formules juridiques (telles que des fondations privées favorisant le recueil des fonds nécessaires) sont tout à fait envisageables. Il revient aux pouvoirs publics d'étudier, comme pour toute implantation architecturale nouvelle, les conditions urbanistiques d'implantation de ces lieux de culte. A ce propos, construire des minarets dans le cadre d'une mosquée n'a rien qui puisse choquer la culture française. Seuls quelques fanatiques irrationnels s'élèvent par exemple contre le minaret de la Grande mosquée de Paris. Il devient d'autant plus impératif que l'État, tout en connaissant cette diversité, et sans oublier que de très nombreux Français athées ou agnostiques ne souhaitent pas que leurs impôts subventionnent des religions, se refuse à « reconnaître » quelque culte que ce soit sous aucun prétexte. Il n'a pas vocation à le faire, et nous ne voyons pas quels critères il pourrait se donner pour en décider. Veiller à ce que des groupuscules prétendument religieux, voire des sectes n'attentent pas à la liberté des personnes ou ne servent pas de paravent à des manœuvres financières plus ou moins occultes ou à des crimes sexuels, par exemple – comme cela s'est vu – est en revanche de son rôle comme le soulignait très clairement le rapport de la commission Stasi : "L'État laïque, garant de la liberté de conscience, outre la liberté de culte ou d'expression, protège l'individu : il permet librement à tous de choisir, ou non, une option spirituelle ou religieuse, d'en changer ou d'y renoncer. Il s'assure qu'aucun groupe, aucune communauté ne peut imposer à quiconque une appartenance ou une identité confessionnelle, en particulier en raison de ses origines. Il protège chacune et chacun contre toute pression, physique ou morale, exercée sous couvert de telle ou telle prescription spirituelle ou religieuse. La défense de la liberté de conscience individuelle contre tout prosélytisme vient aujourd'hui compléter les notions de séparation et de neutralité centrales dans la loi de 1905." C'est pourquoi nous sommes fermement attachés à l'école publique, creuset de citoyenneté. Nous voyons avec beaucoup d'inquiétude que la loi Debré qui a favorisé essentiellement les établissements catholiques sous contrat serve désormais de plus en plus à la mise en place d'établissements d'autres obédiences (protestante, juive, et récemment musulmane). La diversité des cultures dont la rencontre, le dialogue et les échanges réciproques forgent historiquement les civilisations, aussi bien en France qu'en Europe ou dans l'ensemble du monde, est une richesse pour toute l'humanité. L'école publique laïque est ouverte et doit s'ouvrir toujours plus au dialogue et à l'échange, et assurer la formation de citoyens se reconnaissant comme concitoyens. En revanche, la sectorisation confessionnelle accrue de la vie scolaire favoriserait le passage d'une société fraternelle, riche de la diversité de l'humanité, à une société déstructurée communautariste où se dresseraient des frontières de toute nature entre citoyens de convictions différentes. C'est ce que précisément déplorent de plus en plus de responsables politiques dans des pays proches ayant fait le choix de ce qu'on a appelé le multiculturalisme, et qui souffrent de plus en plus d'une situation d'éclatement social, culturel et politique. Il est tout à fait souhaitable à nos yeux que, dans le cadre de la société civile, des espaces de dialogue et d'échanges inter-religieux et, de façon plus générale, inter-convictionnels puissent se constituer. Mais ces espaces ne sauraient participer en tant que tels ni à l'élaboration, ni à l'application des lois de la République, qui relèvent du pouvoir politique et de lui seul .Quand des questions d’éthique sociale se posent, les autorités publiques peuvent réunir un comité d’experts réputés pour leur compétence et leur liberté d’esprit ; s’ils sont connus pour adhérer à un groupe de conviction, cela ne peut être un motif d’exclusion ni d’appel. La commission réunie en son temps par le président Jacques Chirac sous la direction de Monsieur Stasi est un exemple de ce genre de comité, à la fois indépendant et capable de faire des propositions utiles au pouvoir. Il est d'ailleurs fort regrettable que le rapport de cette commission n'ait été que fort peu suivi d 'effets. Quelques mots de la lettre d'introduction adressée par Monsieur Stasi au président Jacques Chirac pour présenter le rapport de la commission (11/12/2003) attestent de l'attachement indéfectible de son auteur à la loi de 1905, base juridique du principe de laïcité : [que le] « principe de laïcité, fondement de l'unité nationale, soit reconnu et respecté par tous ceux qui habitent sur notre territoire" Il permet "la qualité de notre vivre ensemble, aujourd'hui et demain ». "Nous avons pu constater, écrit le rapporteur – l'attachement de la grande majorité de nos concitoyens au principe de la laïcité. Instinctivement, ils reconnaissent dans ce principe une valeur sur laquelle est fondée l'unité nationale, en même temps qu'un garant de la liberté individuelle. C'est dire combien il leur paraît important que cette valeur soit respectée et chaque fois qu'elle est menacée défendue". J'attire aussi votre attention sur cet autre passage du texte de ce rapport: "La laïcité, pierre angulaire du pacte républicain, repose sur trois valeurs indissociables : liberté de conscience, égalité en droit des options spirituelles et religieuses, neutralité du pouvoir politique... L'égalité en droit prohibe toute discrimination ou contrainte et l'État ne privilégie aucune option. Enfin le pouvoir politique reconnaît ses limites en s'abstenant de toute immixtion dans le domaine spirituel ou religieux". La force de conviction qui transparaît à travers ces lignes reste pour nous une référence. C'est pourquoi nous nous permettons de vous envoyer le texte de ce rapport, dont vous avez sans doute connaissance et qui figure à coup sûr dans vos archives, mais il nous semble opportun de vous inviter à l’exhumer, en ces temps où le débat sur l'actualisation de la laïcité est menacé par la tentation de la démagogie populiste dont les musulmans de France seraient les cibles privilégiées. A moins que certaines pressions inverses d'origines variées – religieuses ou non – profitent de ce débat pour remettre en cause, sous le nom très ambigu de laïcité « ouverte », les principes fondamentaux de la laïcité telle qu'elle assure jusqu'à présent la paix sociale en France. Je vous prie de croire, madame, monsieur, en l'expression de ma considération Le 3 mars 2011 Jean RIEDINGER Secrétaire de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité
*TITRE PREMIER DE LA LOI DE 1905 Principes. ARTICLE PREMIER. - La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. ART. 2.- La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites aux dits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. Observatoire Chrétien de la Laïcité Fédération des réseaux du Parvis Temps Présent 68 rue de Babylone 75007 PARIS Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. _________________________________________________________________________ Informations de l'O.C.L. Les attentats anti-chrétiens
L'Observatoire Chrétien de la Laïcité se sent certes particulièrement ému par les attentats qui visent des chrétiens dans divers pays, comme récemment en Irak ou en Égypte, ou dans d 'autres régions du monde. Il s'émeut tout autant de toutes les victimes de l'intolérance et du fanatisme quelles que soient leurs convictions et leurs croyances ou religions. Toutes les victimes de ces sectarismes sont nos soeurs et nos frères en humanité L'Observatoire Chrétien de la laïcité souligne que la diversité des convictions et des croyances est une richesse pour l'humanité et doit être protégée. Mais il faut éradiquer les idéologies intolérantes et qui veulent imposer par la violence leur conception de la vie. C'est pourquoi la laïcité est dans ce monde divers la solution pour sauvegarder la possibilité de vivre ensemble, dans l'égalité des droits. Reposant sur l'universalité des droits humains et le rejet du sectarisme seule la laïcité des Etats permet un avenir apaisé aux femmes et aux hommes qui se respectent les uns les autres. C'est pourquoi l'Observatoire Chrétien de la laïcité dénonce les organisations racistes et xénophobes qui dans toute l'Europe- et récemment en France au cours des assises dites « contre l'islamisation » prétendent agir au nom de la laïcité alors qu'en réalité elles lancent un appel à la lutte contre les musulmans. L'O.C.L. condamne la position des prétendus laïques qui s'égarent dans ces eaux troubles en confondant de façon stupide la religion musulmane et le sectarisme des intégristes de l'islamisme. L'O.C.L. met en garde contre l'utilisation idéologique, pour susciter en Europe des haines islamophobes, des vexations, des exclusions, voire des attentats qui visent, entre autres, des chrétiens, des juifs, des agnostiques et des athées en certains pays où vivent une majorité de musulmans. Observatoire Chrétien de la Laïcité Temps Présent 68 rue de Babylone 75007 PARIS Le 6 janvier 2011 ___________________________________________________________________________ Rencontre avec l'UFAL _______________________________________________________________________L'Observatoire Chrétien de la Laïcité s'associe à ce communiqué de l'union des familles Laïques:Les Assises sur l'islamisation ou l'acte de naissance de la nouvelle extrême droite européenneCe jour se réunit à Paris 12e un colloque organisé par le Bloc Identitaire et par Pierre Cassen, animateur du journal électronique “Riposte Laïque”, réunissant la fine fleur de ce qui est en train de devenir la nouvelle extrême droite européenne : des personnalités politiques comme le député suisse Oskar Freysinger qui fut à l’origine de l’opération visant à interdire les minarets, le président du parti de la liberté ou, encore, un représentant anglais de l’English Defense League ; des militantes issues du mouvement féministe comme Michèle Vianès et Anne Zélensky qui, sous couvert de défendre la dignité des femmes, mènent un combat non plus contre les intégrismes religieux ni même contre l’intégrisme islamiste, mais contre les musulmans eux-mêmes. C’est pourquoi l’UFAL s’inquiète de voir cette nouvelle figure de l’extrême droite dévoyer un principe qui constitue la pierre angulaire de la République sociale.
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L'Union européenne a besoin d'une voix laïque forte
Après des décennies de sécularisation et en dépit d'un déclin de la fréquentation, les églises et les groupes religieux accroissent leur influence sur l'élaboration de la politique de l'UE. Le premier demi-siècle de l'intégration européenne fut consacré pour une large part à des politiques d'une nature technique: charbon et acier, marché intérieur. Au fur et à mesure que la coopération diplomatique entre gouvernements européens faisait place à une union politique et à une communauté de citoyens, le besoin s'est fait sentir de définir les valeurs partagées et de discuter de questions éthiques. Nos valeurs ont déjà été inscrites formellement dans une longue série de traités, conventions et lois. Les traités de l'Union font référence aux valeurs communes et aux droits fondamentaux. La Charte UE des droits fondamentaux, la Convention européenne des droits de l'Homme et la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations-unies constituent une solide base pour la protection et la promotion de nos valeurs. Tout naturellement, la société civile, y compris les associations représentant les diverses conceptions, religieuses et laïques de la vie, s'implique activement dans l'approfondissement de la définition des valeurs de l'Union européenne. Cela résulte de l'introduction de l' Article 17 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européene. Cet article dispose que l'Union “entretient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et ces organisations”. Mais en pratique, le “Dialogue” est très inégal et non-représentatif, du fait que les forces religieuses, en particulier les fractions les plus conservatrices, exercent une influence disproportionnée sur l'élaboration de la politique de l'UE. La voix laïque se fait à peine entendre dans le débat. La plupart de ces organisations ont des représentants à Bruxelles. Cependant, à la différence des lobbys d'affaires ou des ONG, ces organisations ne sont pas assujeties aux règles en vigueur sur la transparence. C'est là une grave omission, qui rend leur influence politique invérifiable. D'autant plus grave qu'elles ont non seulement les instruments habituels des lobbys, mais qu'elles peuvent appliquer les règles et les sanctions officielles de leur communauté religieuse – par exemple l'excommunication – aux décideurs politiques, les forçant ainsi à voter en conformité avec la doctrine religieuse. L'Eglise catholique romaine a une position spéciale, le Vatican étant en même temps un Etat. L'UE a des relations diplomatiques avec le Vatican, y compris une ambassade. Dans les siècles passés, les pouvoirs civils et les pouvoirs ecclésiastiques étaient étroitement liés et les premiers cherchaient une légitimation divine de leur autorité. Malgré la séparation officielle de l'Eglise et de l'Etat, nous trouvons encore dans bien des Etats des traces de cette coopération séculaire. Or, les institutions de l'UE sont depuis l'origine purement laïques. Les tentatives d'insérer la référence aux racines judéo-chrétiennes dans le traité de l'UE ont échoué. Mais les dirigeants des institutions de l'UE cherchent à créer des liens spéciaux entre l'UE et la religion. Au sein des services du président de la Commission de l'UE, Barroso, une unité spéciale a été mise en place pour les “Relations avec la religion, les églises et communautés de conviction”. Barroso organise des “Sommets” annuels avec les chefs religieux. Les critères de sélection des participants sont peu clairs, de même que la procédure d'élaboration des ordres du jour. Ces dernières années les présidents du Parlement et du Conseil se sont joints à ces “Sommets”. Malgré l'absence de base spécifique dans l'article 17, Barroso a choisi de rencontrer séparément les groupes religieux et les groupes laïques. Il n'a accepté de rencontrer ces derniers qu'à la suite de questions et de pressions de membres du Parlement européen. Une attitude similaire fut adoptée par le précédent président du Parlement, qui invita une série de chefs religieux à prendre la parole devant le Parlement en séance plénière. C'est sous la pression qu'il accepta d'ajouter un intervenant laïque à la liste (seule femme, incidemment), mais le président du Parlement lui-même fut, ostentatoirement, absent pendant son intervention de celle-ci devant l'assemblée plénière. Trad HT Sophia in‘t Veld est membre du Parlement européen, Pays-Bas, dans le Groupe de l'Alliance des Libéraux et Démocrates en Europe. Elle est membre de la Commission parlementaire mixte EU-Turquie et vice-présidente de la Commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures. http://www.neurope.eu/articles/The-need-for-a-secular-voice-in-the-European-Union/103690.php __________________________________________________________________________________
La Position de l'O.C.L. Sur le voile intégral.
1°)- Certes on ne peut pas interdire dans la société civile (indépendamment de ce que dit la Loi dans le cadre de l'école et des fonctionnaires des services publics) des vêtements ou autres symboles d'appartenance religieuse... (comme par exemple des soutanes, des cols romains, ou le port de croix, médailles et autres symboles religieux sous forme de bijou ou de "badges ") qui relèvent du libre choix de l'expression des opinions et convictions des citoyennes et des citoyens dans les limites du respect de l'ordre public et du respect des libertés d'autrui.2°)- Il n'est pas question d'imposer même sous une forme d'interdit un "uniforme-citoyen", ce qui serait bien évidemment une autre forme d'identification idéologique... dans le cadre de ce que Hannah Arendt appelle la laïcité totalitaire.
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