Noël 2017… Etrange… Etranger… Publié décembre 21, 2017 par Maurice

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Etrange…   Etranger…

Notre Mer,

Notre Mer qui est si bleue

Que ton nom soit partagé

Que ton horizon nous fasse renaître

Que ta volonté et ta miséricorde nous acceptent

Offre-nous aujourd’hui notre « Triton »* de ce jour

Comme une trompette de la renommée

Et non plus comme un cercueil.

Pardonne-nous nos défaites et nos deuils

Comme nous pardonnerons à nos bourreaux

Et ne nous soumets pas aux quotas

Mais délivre l’Europe de ses peurs et de ses carcans.

 

Par Georges Federmann, médecin psychiatre Strasbourg

Dans le « cri de Strasbourg ».

* »Triton » dieu de la mythologie grecque. Triton fait tous ses efforts pour sauver les vaisseaux échoués.

 

J’ai vécu
Au siècle des réfugiés
Une musette au pied de mon lit
Avec la peur au ventre
Des humiliés
Des sans logis
Qui tremblent
Les oubliés
Aux mal-partis
Ressemblent

Ils sont toujours les bras ballants
D’un pied sur l’autre mal à l’aise
Le cul posé entre deux chaises
Tout étonné d’être vivant
Ils sont souvent les en-dehors
Ceux qui n’écriront pas l’histoire
Et devant eux c’est la nuit noire
Et derrière eux marche la mort

Ils sont toujours les emmerdants
Les empêcheurs les trouble-fêtes
Qui n’ont pas su baisser la tête
Qui sont venus à contre temps
Dans tel pays c’est mal venu
Venir au monde t’emprisonne
Et chaque jour on te pardonne
Puis on ne te pardonne plus

J’ai vécu
Au siècle des réfugiés
Une musette au pied de mon lit
Avec la peur au ventre
Des humiliés
Des sans logis
Qui tremblent
Les oubliés
Aux mal-partis
Ressemblent

On peut souvent les voir aussi
Sur les photos des magazines
Essayant de faire bonne mine*
Emmenez-moi au loin d’ici
Ils ont des trous à chaque main
C’est ce qui reste du naufrage
Ils n’ont pas l’air d’être en voyage
Les voyageurs du dernier train

Ils sont toujours les séparés
Le cœur perdu dans la pagaille
Les fous d’amour en retrouvailles
Qui les amènent sur les quais
Et puis parfois le fol espoir
Si elle a pu si elle arrive
De train en train à la dérive
Et puis vieillir sans la revoir

J’ai vécu
Au siècle des réfugiés
Une musette au pied de mon lit
Avec la peur au ventre

Lény Escudéro

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