Écrit par Les Réseaux du Parvis
Vendredi, 25 Décembre 2009 15:51

LA PRIVATISATION DES SERVICES PUBLICS

Une conséquence de la concurrence en tant que valeur centrale du néolibéralisme est que le secteur public doit être brutalement diminué, car il n’obéit pas et ne peut pas obéir à la loi fondamentale de la concurrence pour les profits ou les parts de marché. La privatisation est l’une des transformations économiques les plus importantes des vingt dernières années. Cette tendance a commencé en Grande-Bretagne, et s’est répandue partout dans le monde.

Pourquoi les pays capitalistes, particulièrement en Europe, ont-ils tous commencé par avoir des services publics, et pourquoi beaucoup en ont-ils encore ? En fait, presque tous les services publics constituent ce que les économistes appellent des  » monopoles naturels « . Un monopole naturel existe quand la taille minimale pour garantir une efficacité économique maximale est égale à la taille réelle du marché. En d’autres termes, une entreprise doit avoir une certaine taille pour réaliser des économies d’échelle et ainsi fournir le meilleur service possible à un coût le plus faible possible pour le consommateur. Les services publics nécessitent également d’investir une grosse mise de fonds au début – comme les rails de chemins de fer ou les lignes à haute tension – qui n’encouragent pas non plus la concurrence. C’est pourquoi les monopoles publics étaient la solution optimale évidente. Mais les néolibéraux considèrent que tout ce qui est public est par définition  » inefficace « . Qu’arrive-t-il alors quand on privatise un monopole naturel ? De façon tout à fait normale et naturelle, les nouveaux propriétaires capitalistes ont tendance à imposer des prix de monopole au public, tout en se rémunérant grassement. Les économistes appellent cet effet  » échec structurel du marché  » parce que les prix sont plus élevés qu’ils ne devraient et que le service au consommateur n’est pas forcement bon. Pour empêcher les échecs structurels de marché, jusqu’au milieu des années 80, les pays capitalistes d’Europe confiaient presque tous la poste, les télécommunications, l’électricité, le gaz, les chemins de fer, les métros, le transport aérien et généralement également d’autres services comme l’eau, l’enlèvement des ordures etc., à des monopoles d’Etats.

Susan George.    

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